Actualités

Droit à l’avortement : ne nous laissons pas duper par les discours anti-choix !

Le Planning Familial s’étonne de la diffusion d’un documentaire culpabilisant sur l’avortement. Il rappelle qu'il n'y a pas de vécu unique et met en garde contre de tels discours.

19/03/2015
Droit à l’avortement : ne nous laissons pas duper par les discours anti-choix !

Mardi 17 mars, la chaîne Arte a consacré sa soirée Thema à l’avortement. Un sujet hautement symbolique, quelques jours après la Journée internationale des droits des femmes. Intitulé « Droit à l’avortement : le combat continue », le premier documentaire de la soirée propose une enquête critique sur la situation du droit à l’avortement dans trois pays européens : la France, l’Allemagne et la Pologne.

Tout en soulignant les avancées de la France dans le domaine, il met en lumière les nombreux obstacles persistants (fermetures d’hôpitaux, culpabilisation des femmes, objection de conscience…), qualifiant à juste titre l’accès à l’avortement de « parcours du combattant ». Plusieurs témoignages de terrain du Planning Familial et de l’IPPF Europe (Fédération européenne du Planning Familial) alertent sur les menaces de régressions réelles sur le continent européen, dans un contexte de crise économique favorable à la poussé des droites conservatrices.

Un discours utilisé à dessein pour délégitimer le droit à l'avortement

L’intention de la chaîne Arte est louable : il est crucial de rappeler que l’accès à l’avortement n’est jamais acquis. Elle est malheureusement décrédibilisée par le deuxième documentaire de la soirée, qui tranche radicalement avec la ligne habituelle de la chaîne, jusque dans son titre « Avortement : la loi du silence ». Ce dernier prône en effet tout ce contre quoi les mobilisations féministes se sont battues : la culpabilisation des femmes ayant avorté et la stigmatisation de l’acte de l’IVG. On y retrouve tous les codes de la propagande anti-choix : dramatisation sans nuance de l’avortement (présenté comme un acte systématiquement traumatisant), désinformation (prétendues menaces d’infertilité), manipulation (interviews du Dr. Pokropp, activiste anti-choix), images d’embryons avortés.

Le Planning Familial, qui défend le libre choix des femmes, refuse ce type de discours manipulatoire. Imposer aux femmes un vécu et une vision traumatiques de l’avortement, ce n’est pas leur rendre service ni briser le prétendu « silence » autour de l’IVG. Au contraire, c’est précisément ce type de jugement qui est le plus difficile à surmonter pour les femmes qui avortent (comme en témoignent les premières concernées), ce que le deuxième documentaire ignore soigneusement. Cette soirée Thema aurait gagné à être suivie d’un débat digne de ce nom plutôt que d’ouvrir un boulevard aux anti-choix, dont les véritables motivations ne doivent duper personne.