Le cancer du col de l’utérus est un vrai problème de santé publique, en France et plus encore dans d’autres régions du monde. Le MFPF ne peut donc que se réjouir des progrès réalisés dans le domaine de la recherche en faveur de la prévention du papillomarivus, infection sexuellement transmissible responsable de plus de 80% des cancers du col de l’utérus. Mais quels bénéfices les femmes peuvent-elles réellement escompter de ce nouveau vaccin en l’état actuel des choses ? Beaucoup de questions restent en suspens. Le statistiques montrent que la majorité des femmes qui décèdent d’un cancer de l’utérus n’ont pas été suivies régulièrement par un gynécologue, les autres étant en général dépistées à temps pour que l’issue ne soit pas fatale. L’absence ou l’insuffisance de suivi gynécologique est souvent liée à des problèmes économiques. Il y a en effet une corrélation forte entre le fait de ne pas prendre soin de sa santé et la précarité économique, précarité bien plus importante chez les femmes. Dans un tel contexte, peut-on imaginer que des femmes qui ne sont pas suivies médicalement vont pouvoir payer plus de 400 euros pour se faire vacciner contre le papillomarivus, alors que ce vaccin n’est pas remboursé par la sécurité sociale ? Le public que nous recevons dans nos permanences est de plus en plus en situation de précarité et nous ne voyons pas comment nous pourrions proposer ce vaccin à des femmes qui luttent déjà pour se loger ou se nourrir. Il est donc indispensable que ce vaccin soit remboursé. Si ce n’est pas le cas, il ne profitera qu’aux personnes qui ont les moyens de se le payer, celles-là même qui ont par ailleurs accès à un suivi gynéco et bénéficient de ce fait d’une bonne prévention du cancer de l’utérus. On se retrouvera alors à nouveau avec une médecine à deux vitesses voire plus, les plus pauvres restant complètement exclus des bénéfices de la recherche médicale. Sans parler des femmes des pays du Sud, particulièrement touchées par les maladies sexuelles et dont l’accès à la santé reste très limitée : quand pourront t-elles bénéficier des avancées ? Le nouveau vaccin permet de réduire les risques mais ne les annule pas. Il faudra donc que les femmes qui auront été vaccinées soient de toutes façons suivies gynécologiquement et que la vaccination soit accompagnée d’un discours clair sur ce point et d’une incitation à la prévention. Le 1er décembre 2006 Mouvement Français pour le Planning Familial Contact : Maïté ALBAGLY tél. : 01 48 07 29 10 e-mail : mfpf@planning-familial.org