International

Journée Internationale du souvenir trans

Chaque année, des centaines de personnes trans assassinées dans le monde sont comptées par des organisations trans et LGBTIQ.

20/11/2016
Journée Internationale du souvenir trans

Chaque année, des centaines de personnes trans assassinées dans le monde sont comptées par des organisations trans, LGBTIQ ou de droits humains. Ce chiffre est malheureusement bien inférieur à la réalité, car de nombreuses personnes trans sont assassinées dans l'oubli et l'indifférence générale, et ces violences ne sont pas répertoriées comme crimes de haine.
À travers l'UE, les personnes « trans » sont souvent marginalisées et vivent dans l'isolement ou la crainte, comme l'ont montré les recherches de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne ( FRA ). La Journée internationale du souvenir transgenre du 20 novembre a pour but de commémorer les souffrances causées par la transphobie et est l'occasion de sensibiliser à la nécessité de mieux protéger les droits des personnes trans.
Le rapport de la FRA intitulé Être « trans » dans l'Union européenne », publié l’an dernier, souligne la nécessité de renforcer les politiques de lutte contre la violence et le harcèlement motivés par la haine. Cela comprend des actions visant à prévenir les crimes de haine homophobes et à sensibiliser les forces de police à la manière de traiter ce type de crimes de haine.
Cette nécessité est mise en lumière par la recherche de la FRA sur le point de vue des autorités publiques, dont les résultats devraient être disponibles sous peu. Elle indique en quoi certains agents chargés de l’application de la loi ne reconnaissent pas ou sous-estiment l'ampleur et la nature des crimes de haine et de la discrimination à caractère transphobe. Elle révèle également l’existence de préjugés et de transphobie parmi les membres des autorités chargés de l’application de la loi dans certains États membres.
Il convient également de renforcer la protection juridique contre les crimes transphobes. La recherche juridique comparative de la FRA sur les crimes de haine et la discrimination à l'égard des personnes LGBTI à l’échelle de l’UE, qui devrait être publiée sous peu, a relevé que seuls huit États membres de l'UE interdisent expressément les crimes de haine à caractère transphobe dans leur code pénal. Cette situation, associée au fait que le signalement et l’enregistrement des crimes de haine à l'égard des personnes trans sont considérablement faibles, constitue un défi pour les États membres dans la mesure où elle gêne l'élaboration d'actions ciblées de lutte contre ces crimes.
La Directive de l’UE relative aux droits des victimes représente un pas dans la bonne direction. Une fois mise en œuvre dans tous les États membres, elle devrait offrir aux victimes un soutien ciblé et doté de ressources. Toutefois, comme le montrent les recherches de la FRA, il reste encore beaucoup à faire pour lutter contre la violence et les abus dont de nombreuses personnes trans sont souvent victimes dans la société actuelle.

Plus que jamais, le Planning se battra pour que l'éducation à la sexualité, la lutte contre la transphobie et toutes les autres discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle soient inscrites dans les priorités de l'action publique.