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La confidentialité et la gratuité de la contraception : un droit qui reste à gagner pour les jeunes

Un rapport de l'IGAS montre que le secret médical et la gratuité de la contraception pour les mineurs.es sont mal appliqués. Il s'agit pourtant de droits essentiels.

11/01/2016
La confidentialité et la gratuité de la contraception : un droit qui reste à gagner pour les jeunes

Fin décembre, l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) a rendu public un rapport à ce sujet. D’après ce dernier, « moins de 1% des délivrances de contraceptifs aux mineures utilisent les mesures de gratuité et de secret ». En cause : une méconnaissance des dispositions par un grand nombre de professionnel-les de santé et par les jeunes.

 

Les besoins sont pourtant  immenses : les jeunes ont peu de moyens financiers, voire pas du tout, et 1/5 des filles mineures aurait besoin d’un accès confidentiel à la contraception, toujours selon l’étude. Ces constats confortent les dispositions du projet de loi finances qui prévoit pour 2016 l’extension de la gratuité et la confidentialité de la contraception pour les mineures de plus de 15 ans.

Pour Le Planning Familial, la loi doit aller plus loin et inclure toutes les personnes mineures, y compris les moins de 15 ans, mais aussi  les jeunes de 18 à 24 ans qui, dans une large proportion, ont une pratique sexuelle. Cela est d’autant plus important dans le contexte économique actuel, qui contraint de plus en plus de jeunes femmes en situation de précarité à se tourner vers des méthodes dites « naturelles », moins coûteuses, mais aussi moins efficaces [1].

Cette extension doit aller de pair avec la diffusion d’une information claire et précise, d'une éducation à la sexualité effective pour tous les jeunes, scolarisés ou non, comme le prévoit la loi de 2001, et par la mise à disposition de préservatifs gratuits.


[1]  « La  crise  de  la  pilule  en  France :  vers  un  nouveau  modèle  contraceptif ? »  Nathalie  Bajos,  Mylène  Rouzaud-Cornabas,  Henri  Panjo, Aline Bohet, Caroline Moreau, et l’équipe, Fécond, Population & sociétés, n° 511, mai 2014
[3] Loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire grossesse