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La justice tunisienne autorise le mariage d'une mineure de 13 ans, enceinte d'un proche

En Tunisie, en 2016, il est possible d'obliger une très jeune mineure à poursuivre une grossesse issue d’un viol, et même à vivre légalement mariée à son violeur, avec l'assentiment du juge et de la famille, censés assurer sa protection.

16/12/2016
La justice tunisienne autorise le mariage d'une mineure de 13 ans, enceinte d'un proche

Il est donc possible aujourd'hui en Tunisie de ne pas reconnaître que le viol est un crime, de ne pas poursuivre et sanctionner le violeur, et de bafouer ainsi en toute légalité les droits des femmes. Cela est contraire à plusieurs conventions pourtant ratifiées par la Tunisie, comme la Convention des droits de l'enfant et la Convention d’élimination de toutes les formes de discriminations contre les femmes, qui rappellent l'obligation du consentement au mariage et que les fiançailles et mariages d'enfant n'ont pas d'effets juridiques C'est enfin une violation des droits humains fondamentaux, le droit à l'intégrité et à la protection.

Des associations de femmes tunisiennes et des associations de défense des droits humains s'insurgent contre cette décision. Le Planning est solidaire de leur  combat pour que   soit abrogé l'article  227 bis, qui, en autorisant légalement le viol, représente un danger  pour toutes les femmes tunisiennes. Le Planning est engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes, en France en Europe et dans le monde, et ne peut accepter qu'un pays qui se dit démocratique applique une loi barbare qui va à l'encontre des droits fondamentaux des femmes, et, en l'occurrence ici, des enfants