International

L'avortement en Europe. Où sont les bonnes nouvelles ?

Depuis début 2013, l’avortement a mobilisé beaucoup d’énergie en Europe. De nombreux pays ont légiféré ou sont en passe de le faire, notamment pour durcir la législation existante.

25/09/2013
L'avortement en Europe. Où sont les bonnes nouvelles ?

Les seuls assouplissements concernent l'Irlande où une loi, votée en juillet, devait permettre l’accès à l’avortement.  Mais elle ne le permet que dans un cadre très stricte et précis : en cas de danger pour la vie de la femme. Elle n'autorise l'avortement ni en cas viol, d'inceste ni en cas d'anormalités observées sur le fœtus.

Ailleurs, les femmes voient leurs droits quant à l'accès à l'avortement bien malmenés.

La Biélorussie en janvier et la Macédoine en juin ont restreint l’accès à l’avortement.

La Suisse doit se prononcer en février 2014 sur un projet de loi d'initiative populaire, demandant l'arrêt du remboursement des IVG.

Le climat est délétère en Finlande où une ministre a qualifié l’avortement de boucherie et juge qu’il ne doit être autorisé à aucun stade de la grossesse.

En Italie, jusqu’à 85% des médecins font appel à la clause de conscience pour ne pas en pratiquer.

En Hongrie, la seule clinique offrant l'avortement médicamenteux a fermé en janvier sous la pression politique.

Au Luxembourg, l’accès à l’IVG est plus difficile depuis la réforme de 2012 qui n’autorise que les médecins gynécologues à la pratiquer quant à la Belgique, de moins en moins de médecins répondent à la demande d’IVG.

Des menaces sérieuses pèsent sur d'autres pays :

En mai le Parlement lituanien a renvoyé en commission parlementaire une proposition de loi prévoyant l'interdiction de l'avortement, aujourd'hui autorisé jusqu'à la 12e semaine.

En Pologne, le projet de loi anti-choix qui vise à interdire tous les avortements en cas de malformation du fœtus sera l'objet d'une première lecture au Parlement polonais le 26 Septembre.

Et les regards se tournent vers L’Espagne… Le gouvernement espagnol présentera en octobre sa réforme de l'IVG. Le projet de loi limiterait l'accès pour trois situations seulement: en cas de viol, quand la vie de la mère est en danger ou dans le cas de malformations fœtales. L’aile la plus dure au sein du gouvernement, prônant un droit inaliénable dès la conception et une interdiction même en cas de malformation du fœtus, semble avoir jusqu’ici freiné la présentation de la réforme. Rien de bien positif dans ce report.

La mobilisation internationale pour la dépénalisation de l’avortement du 28 septembre doit peser dans les votes à venir et conforter celles et ceux déterminés-es à défendre ce droit inaliénable : celui pour toutes les femmes de décider, sans condition, de la poursuite ou non de sa grossesse.