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Rentrée 2015 : l'éducation à la sexualité au fond du cartable ?

C'est la rentrée ! L'éducation à la sexualité aura-t-elle enfin toute la place qu'elle mérite à l'Ecole ?

09/09/2015
Rentrée 2015 : l'éducation à la sexualité au fond du cartable ?

Annoncé en grandes pompes, le nouvel « enseignement civique et moral » (ECM) doit arriver dans les classes à partir de cette rentrée. Bien que le programme ait été publié au Journal Officiel (JO), aucune formation n'a eu lieu durant l'été, provoquant la colère des syndicats. La confusion persiste autour des « réservistes » censés animer les séances et certaines associations craignent qu’ils ne soient utilisés pour pallier au manque d’animateurs et d’éducateurs. La réforme du collège est, quant à elle, prévue pour dans un an, voire plus.

Alors que les textes déjà en vigueur sont peu ou mal appliqués, Le Planning s’inquiète : cette année, pourra-t-on enfin mettre en oeuvre des programmes d'éducation à la sexualité qui s'attachent à l'égalité filles-garçons et à la lutte contre les discriminations ?

Depuis la loi de 2001, l’éducation à la sexualité est obligatoire, du CP à la terminale, à raison de trois séances par an. Ces séances doivent notamment viser à la prévention des violences sexistes et homophobes et au développement de l’esprit critique, notamment par l’analyse des modèles et des rôles sociaux [Circulaire n°2003-027 du 17-2-2003]. Mais aucune mesure de suivi n’a été mise en place pour garantir son application. Résultat : les séances se limitent souvent à des interventions ponctuelles, en urgence, sans véritable projet pédagogique. Pourtant, l’éducation à la sexualité a toute sa place à l’Ecole : de la même manière que la lutte contre le racisme passe non seulement par la loi mais aussi par l’éducation, les discriminations et les inégalités basées sur le sexe doivent être combattues dès la petite enfance.

Grande oubliée des « Assises de l’École et de ses partenaires pour les valeurs de la République » en février dernier, l’égalité filles-garçons ne doit pas être mise de côté cette année. Au contraire, c’est un sujet incontournable dans le cadre des débats actuels sur la laïcité, la citoyenneté, l’engagement, la lutte contre les inégalités et la mixité sociale.