International

Turquie: le gouvernement s'attaque au droit à l'avortement

En attendant une éventuelle remise en cause de la loi, le gouvernement manoeuvre pour réduire l'accès des femmes aux services.

20/03/2014
Turquie: le gouvernement s'attaque au droit à l'avortement

Légalisé en Turquie en 1983, le droit à l'avortement est régulièrement remis en questions par le gouvernement ces dernières années.

Selon la Société turque des gynécologues et obstétriciens, l'interruption volontaire de grossesse a été retirée récemment des services en ligne de prise de rendez vous auprès des hôpitaux. Cette mesure, prise sans aucune base légale, rend dans les faits l'accès aux services d'avortement impossible dans le secteur public.

Déjà en 2012, le président Erdogan avait tenté l'abolir la loi qui autorise l'IVG sur simple demande jusqu'à 10 semaines de grossesse. Selon lui l'avortement est non seulement un crime mais aussi la principale cause de la baisse du taux de fertilité en Turquie. Face à une forte mobilisation des organisations de femmes soutenues à l'international, le gouvernement avait finalement renoncé à son projet.

N'ayant pu interdire l'IVG, le parti au pouvoir a alors mis en place une nouvelle stratégie visant à saper l'accès effectif des femmes aux services d'avortement. La supression de l'IVG des services en ligne de prise de rendez vous en est le dernier exemple. Des organisations de défenses du droit à l'avortement dénoncent aussi le fait que des cliniques privées et des hôpitaux dont la direction est proche du parti au pouvoir refusent déjà depuis un moment de pratiquer des avortements.

Les propos récents du président Erdogan sur la défense de la famille et l'appel à faire plus d'enfants en Turquie ne sont pas de bonne augure. Une fois de plus la vigilance s'impose pour préserver un droit fondamental des femmes.