Enjeux de société

Grâce aux techniques contraceptives et aux combats féministes, la dissociation biologique et idéologique entre sexualité et procréation est aujourd’hui bien établie.

Une autre dissociation entre sexualité et parentalité qui existait essentiellement dans le cas de l’adoption, émerge aujourd’hui. Le Planning Familial a toujours affirmé l’importance de la parentalité sociale et sa primauté sur la parentalité biologique, au prix parfois de confrontations avec les partisans du droit à connaître ses origines historiques ou génétiques.

Désir sexuel, plaisir sexuel et désir d’enfant sont bien différenciés. Désir d’enfant n’est pas non plus désir de maternité, de grossesse ou d’accouchement. Mais l’on peut s’interroger sur l’origine de ce désir d'enfant, supposé "naturel" : produirait-il le rêve de la mère idéale ?

Le modèle de la maternité, s’il a varié au cours des siècles, s’impose par un consensus positif, idéalisé, et sans cesse réactualisé du rôle de la mère. Alors que la réalité biologique de la maternité est aussi le premier prétexte de l’asservissement des femmes, et le désir d’enfant, le produit d’une construction sociale

Statut de l’embryon

Actuellement dans les lois françaises de bioéthique, l’embryon est qualifié de "personne humaine potentielle". Il s’agit d’ un compromis juridique car l’embryon/le fœtus n’est pas une personne humaine juridique. C’est à la naissance que la personne obtient un état civil et s’affirme alors comme personne humaine. Et c’est parce que la France est un Etat laïc que le débat doit rester sur le terrain juridique.

Les recherches sur l’embryon soulèvent la question de leurs conséquences sur le corps des femmes, sources d’ovocytes. Elles doivent être encadrées et les projets sans production d’ovocytes doivent être encouragés.

Cellules souches et clonage

L’interdiction du clonage reproductif est universelle. La convention d’Oviedo et la loi française refusent la création d’embryons dans un seul but de recherches. A la différence de celles sur les cellules souches, qui ont un intérêt de recherche académique et thérapeutique et un objectif thérapeutique direct.

Si les ouvertures thérapeutiques sont immenses, la loi doit veiller au principe de l’indisponibilité du corps humain. Les options scientifiques et économiques choisies doivent être basées sur le respect du corps des femmes et des hommes. Les aspects économiques ne doivent pas primer sur les intérêts collectifs. C’est la seule façon de ne pas faire porter par les femmes le poids de cette recherche nécessitant la production d’ovocytes

Tests génétiques

Les tests génétiques sont utilisés comme outil de diagnostic pour un certain nombre de maladies, comme outil d’identification à des fins légales et pour la recherche génétique.

Certains vont plus loin et proposent, via internet, de séquencer une partie du génome et d’en tirer des conclusions en termes d’origine familiale, ethnique ou de prédiction de risque de maladie. Cela relève de l’abus de confiance voire de l’escroquerie. Ces tests sont illégaux du point de vue du droit français et ne pourront en aucun cas être pris en compte dans une procédure légale.

Dons de gamètes

Si le don de spermatozoïdes est facile et sans risque pour la santé, le don d’ovocytes nécessite, de son coté, une stimulation ovarienne et des ponctions sous anesthésie générale, aux risques bien réels.

La gratuité du don est un principe au cœur de la loi bioéthique en vigueur. L’exigence du maintien de la gratuité des dons d’organes y compris d’ovocytes peut paraître à contre-courant de l’aspiration à l’enfant à tout prix. En effet, ce débat s’inscrit aussi dans la réflexion globale sur le sens de la parentalité.

L’anonymat croise lui, les problématiques du droit à la connaissance de ses origines biologiques, historiques. Il faut se méfier de l’illusion de la "connaissance de soi" par des caractéristiques génétiques car une personne ne se réduit pas à ses caractéristiques biologiques.

Le don anonyme ne correspond pas à un projet parental mais il contribue à celui d’autrui sans suivi possible.

Aide médicale à la procréation (AMP ou PMA)

Entre procréation et filiation, y a-t-il un droit à l’enfant qui réponde au désir d’enfant ? Pour Le Planning Familial, la ligne de partage entre droit et désir passe l’exigence de non instrumentalisation du corps des femmes, d’égalité entre les femmes et les hommes et d’une liberté de choix.

Il ne s’agit pas d’interroger les techniques de l’AMP mais plutôt les faits de société qu’elle implique, ses significations et ses conséquences : dans quel projet de société nous inscrivons-nous en passant du désir d’élever un enfant à celui d’avoir un enfant qui "sorte de soi" ?

Gestation pour autrui (GPA)

La GPA, méthode d’AMP utilisée dans certains pays, est interdite en France où se pose le problème de la reconnaissance de la filiation d’enfants nés à l’étranger pour des parents français. De plus, dans cette "fabrication d’enfant", la sexualité étant éliminée, les affects maitrisés, les rapports humains sont niés.

Mais si Le Planning Familial défend le droit à la parentalité de chacun-e en tant qu’individu ou en tant que couple, quelle que soit son orientation sexuelle, ce droit ne peut s’exercer au dépend d’autrui.

Le marché procréatif se développe pour répondre à la demande, donnant lieu à l’exploitation des plus pauvres par les plus riches.
La GPA n’est pas, selon Le Planning, la bonne réponse au désir de parentalité pour les couples hétérosexuels ou homosexuels.
D’autres pistes ne favorisant pas le primat du lien biologique sur le lien social sont à explorer.