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La pandémie VIH SIDA s’est largement féminisée depuis 10 ans. Aujourd’hui, 51% des personnes vivant avec le VIH dans le monde sont des femmes, 60% en Afrique subsaharienne.

En France, 60% des nouveaux diagnostics concernaient des personnes ayant été contaminées lors de rapports hétérosexuels dont 58 % de femmes (source INVS-BEH 1/12/2008).

Seul le préservatif masculin ou féminin protège efficacement contre le VIH et les autres IST

Les femmes seraient-elles plus exposées au virus du sida ?

Les femmes ont plus de risques d’être contaminées par le VIH et autres IST que les hommes en raison de spécificités anatomiques, biologiques et sociales rendant la transmission plus facile de l’homme à la femme.

Le risque de transmission du virus du VIH d’un homme contaminé à une femme est deux fois supérieur à celui d’une femme contaminée à un homme (plus grande surface des muqueuses, perméabilité du col de l’utérus, contact prolongé du sperme avec la muqueuse vaginale). Cette transmissibilité peut être encore augmentée s’il existe des infections sexuellement transmissibles (IST). Des rapports violents ou forcés peuvent également accroître le risque de transmission par les blessures qu’ils entrainent.

Les raisons ne sont pas seulement anatomiques ou biologiques mais aussi sociales. Les femmes ne sont pas toujours en situation de négocier le préservatif ou toute autre forme de protection parce que leur position sociale est moins bonne. Demander à mettre un préservatif, parler de sexualité et de prévention peuvent être des tabous. Les femmes ne connaissent pas leur exposition particulière au risque de contamination du VIH et des IST, pensant que cela ne les concerne pas, le Sida restant une "maladie des hommes".

Alors que l’épidémie se féminise, peu d’études ont été réalisées pour appréhender les particularités de l’infection par le VIH et de son traitement chez les femmes. Les femmes séropositives témoignent de multiples difficultés en ce qui concerne leur vie intime. Et pourtant, avec l’évolution des traitements qui permet aujourd’hui de se projeter dans le long terme, la qualité de vie et la sexualité des personnes atteintes deviennent des questions importantes. Il faut aborder la gestion de leurs prises de risque via des stratégies de réduction de ceux-ci pour leur permettre de vivre une sexualité plus épanouie.

Je voudrais un enfant, je lui transmettrai obligatoirement le SIDA ?

Si c'est la femme qui est séropositive, le risque réel de transmission du virus pendant la grossesse ou pendant l'accouchement existe. Des traitements permettent de réduire ce risque qui avoisine aujourd'hui les 1%. Il y a donc 99% de chances que l'enfant naisse non contaminé. Toutefois, le virus étant présent dans le lait maternel, l'allaitement présente un risque de transmission du virus

Si c'est l'homme qui est séropositif, il existe des techniques pour enlever les virus du sperme (lavage de sperme) et faire une insémination de la partenaire avec ce sperme lavé.

 

Pour aller plus loin : Femmes et SIDA, les enjeux de société

Pour plus d’informations : le site Femmes et VIH