Le mouvement

Genre et Santé Sexuelle

Un programme « genre et santé sexuelle » : une nouvelle dynamique qui s’inscrit dans les évolutions sociétales et dans les pratiques du mouvement.

Si l’OMS a valorisé la santé depuis 1946, il faudra attendre 1968 pour que la notion de « droits sexuels » entre dans le champ des droits humains par le biais de la planification familiale et 1975 pour que l’OMS utilise le concept de « santé sexuelle » avec l’idée que la sexualité est bonne pour la santé. On ne parle plus seulement des aspects sanitaires, sexologiques, reproductifs de la sexualité, mais aussi de l'épanouissement, du plaisir. La définition : «la santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité» complété  en 2003  par « La santé sexuelle a besoin d'une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, et la possibilité d'avoir des expériences sexuelles qui apportent du plaisir en toute sécurité et sans contraintes, discrimination ou violence ». Dès 1994, lors de la conférence du Caire, les violences de genre, les pratiques traditionnelles sont identifiées comme faisant partie des freins à l’accès à la santé sexuelle, mais c’est la conférence de Pékin en 1995 qui confirmera l’impact des droits des femmes et de l’égalité hommes – femmes. Les années 2000 verront l’émergence d’une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, avec l’appropriation du concept «  de droits sexuels et de devoirs ». Malgré ces avancées, la sexualité des femmes reste profondément liée à la reproduction et nous avons du mal à passer de la « santé reproductive » à la « santé sexuelle ». Dans notre société comme dans toutes les sociétés du monde, les femmes n’ont pas la même place sociale, la même possibilité d’autonomie, le même pouvoir que les hommes. Et donc les stratégies de la santé publique comme de la santé communautaire doivent intégrer cette analyse genrée, et prendre en compte, quelle que soient les  actions menées, le  fait que ce statut les amène à  des pratiques sociales différentes.

Le programme « Genre et santé sexuelle » s’inscrit dans cette perspective et dans  la poursuite des objectifs et des actions initiés dans les programmes que le Planning Familial anime depuis 1998, (CSV) contraception sexualité vulnérabilité et (RRS) réduction des risques sexuels. Mieux connaitre son corps et parler de sexualités, renforcer ses connaissances de tous les risques sexuels, mais aussi informer sur tous les moyens de protection et mettre en évidence les entraves socio-culturelles aux comportements de prévention : c’est le challenge qu’a porté avec succès les animatrices et animateurs de ces programmes.   Pour la première fois, les personnes abordent collectivement les questions qu’elles se posaient sur la sexualité, évoquent  leur propre vécu  Elles ont apprécié que plaisir, pratiques, relation à l’autre  soient évoqués aussi facilement dans le groupe. Le lien social, l’empowerment, sont renforcés par le partage des expériences et le développement de groupes de support et cela  quelles que soient les thématiques abordées. Ces pratiques collectives participent aussi de la dynamique de changement.

Pourquoi aujourd’hui un  programme « GENRE ET SANTE SEXUELLE » ?

Les objectifs restent proches des programmes précédents : offrir des espaces collectifs d’échanges pour renforcer les compétences à vivre une sexualité libre de toute coercition discrimination ou violence et à gérer les risques  liées à la sexualité : grossesses non désirées, IST- VIH, coercition sexuelle. Cette approche globale,  sans médicalisation excessive, aborde le contexte de vie, le parcours des personnes pour améliorer leur qualité de vie et leur satisfaction personnelle et prend en compte leur situation sociale.

C’est en accompagnant les personnes  dans leur cheminement, en  partageant avec elles l’identification des freins mais aussi les moteurs qui vont faciliter l’amélioration de leur situation que le Planning Familial a pris conscience de la division artificielle que représentait deux programmes pour des objectifs communs. Au sein du programme « genre et santé sexuelle » et en fonction des demandes, nous pourrons approfondir  des dimensions particulières : genre VIH / IST, genre contraception-avortement et parentalités, genre et violences en inscrivant ces thématiques  situations particulières dans une même approche. Si l’idée de « santé sexuelle » a pu émerger grâce à la dissociation entre sexualité et procréation, elle  s’est enrichie au fil du temps quand la  sexualité a quitté le domaine privé pour passer dans celui des droits humains. Les dimensions sociale et émotionnelle y ont certes leur place, mais on insiste sur l’importance de la reconnaissance sociale des sexualités et la non-discrimination comme facteurs déterminants de la santé sexuelle. Les formations à l’animation de groupes de parole garderont toute leur place car ces groupes sont un socle essentiel de notre intervention.

Que propose le programme « GENRE ET SANTE SEXUELLE » ?

  • Animation de groupes de parole
  • Formations en direction de professionnels mais aussi de personnes ressources avec des modules diversifiés : le module de base qui permet de s’approprier l’approche de genre, l’écoute et la réduction des risques et des modules complémentaires : « genre et IST VIH », « genre, contraception-avortement et parentalités », « genre et violences »
  • Des formations à l’animation de groupe de paroles
  • Des innovations en 2015 avec deux nouveaux modules : « santé sexuelle des lesbiennes » et « santé sexuelle des femmes séropositives ».

Télécharger le 4-pages Présentation du nouveau programme GSS