Enjeux de société

Les femmes, l'épidémie de sida et Le Planning

Un séropositif sur deux est une séropositive !

Mouvement féministe donc mouvement politique, Le Planning s’engage sur le terrain et dans une action de lobbying pour faire avancer les droits des femmes, changer les rapports femmes / hommes, lutter contre toute discrimination et exclusion, en particulier contre le sexisme, l’homophobie et le racisme.

L’épidémie de sida a mis en lumière les inégalités entre les femmes et les hommes, les a renforcées, les femmes étant plus exposées au risque de contamination physiologiquement mais surtout socialement. (voir le communiqué de presse)

Pour Le Planning, la prévention mais aussi la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) doivent prendre en compte la dimension de genre.

Il faut faire avancer l’idée auprès des partenaires, des politiques, et des financeurs que la lutte contre le sida au féminin exige de prendre en compte la spécificité du vécu au féminin de la sexualité, de la protection et de la contamination.

L'accès aux moyens de protection et particulièrement à ceux qui favorisent l’autonomie des femmes, la lutte contre les discriminations envers les PVVIH et particulièrement les femmes VVIH doivent être favorisés. Quelques jours après la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, rappelons que lutter contre les violences faites aux femmes et pour l'égalité femmes / hommes est partie intégrante de la lutte contre le sida.

Mouvement d’éducation populaire, Le Planning développe donc une approche de réduction des risques dans ses actions de prévention. Cet engagement d’éducation populaire dans le champ de la sexualité l'a conduit, comme acteur de terrain à développer une approche spécifique : celle d'inscrire la lutte contre le sida dans une approche globale de la santé et de l’éducation à la sexualité.

Depuis le début de l’épidémie, Le Planning développe des actions de prévention dans ses accueils et par les milliers d’interventions auprès de jeunes et d'adultes. Il s’est investi dans un programme de réduction des risques sexuels destinés d’abord aux femmes puis à un public mixte en France, tout particulièrement dans les DOM mais aussi en Afrique.

Ce programme permet d'aborder avec les femmes, dans le cadre de groupes de parole, le VIH dans une approche globale en y incluant le plaisir, le désir, l’amour, le regard porté sur son corps, la rencontre de partenaire, le désir de procréation, la négociation et le pouvoir dans le couple, les prises de risque, la santé sexuelle, les méthodes de contraception, le suivi gynécologique...

Une vie sexuelle est possible pour une femme séropositive

Cette démarche de réduction des risques place la personne comme experte de sa vie en lui donnant toute l’information disponible, en refusant d’interférer ou d’influencer sur ses choix. Cela suppose de renoncer à la position de « toute puissance » de l’acteur de prévention – détenant le savoir et le transmettant - pour entrer dans une véritable démarche de counselling

Etre séropositive = pas de sexualité ?

En partant de son vécu, la personne peut être accompagnée vers une démarche de prévention qu’elle s’appropriera et adaptera à ses possibilités du moment et ce, dans une véritable dynamique d’éducation populaire.

L'accueil des femmes séropositives est une préoccupation du Planning autour de la sexualité, de la parentalité, des relations affectives. Les associations départementales du Planning peuvent accueillir les femmes et les couples séropositifs ou concernés par le VIH.

Les femmes doivent avoir les moyens de protection qu'elles puissent maîtriser comme les préservatifs féminins, diaphragme.

Obtenir la mise à disposition de ces outils de protection et développer la recherche sur les microbicides ne doit absolument pas signifier un renoncement à la lutte contre les rapports de domination que subissent les femmes : ce sont les deux volets d’une même action, celle de la lutte contre l’épidémie de sida au féminin !