Actualités

Communiqués de presse

  • Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes : La double peine pour les femmes migrantes

    Lundi 21 Novembre 2016

    Depuis 2014, la proportion de femmes dans les flux de migrant.e.s essayant de rejoindre l’Europe n’a cessé d’augmenter. En 2015, les femmes représentaient environ un sixième des personnes traversant la Méditerranée sur des embarcations de fortunes et un tiers de celles arrivant en Europe par voie terrestre.

    En ce 25 novembre, le Planning Familial alerte sur les dangers spécifiques qu’encourent ces femmes qui, confrontées à la guerre et aux violations des droits humains dans leur pays, continuent à subir des risques pendant tout leur parcours migratoire. Selon un rapport publié par le HCR, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et la Women’s Refugee Commission, les femmes, notamment celles qui voyagent seules, sont exposées à un risque élevé de subir certaines formes de violence, y compris des violences sexuelles, de la part de passeurs, de groupes criminels ou d’individus isolés. Des actes de violence sexuelle commis par des agents de sécurité dans des centres d’accueil pour réfugiés ou des centres de transit ont aussi été signalés par Amnesty y compris sur le sol européen. Par ailleurs, la précarité résidentielle, que la quasi-totalité des femmes migrantes vivent pendant les premiers mois de résidence dans le pays d’accueil, peut également être un terrain propice pour des relations sexuelles forcées, aussi qualifiés de viols. Le Planning Familial dénonce l’invisibilisation de ces violences et les non-dits qui les entourent. On ne connaît que trop bien ce climat d’omerta qui culpabilise les femmes et les conduit à gérer dans l’isolement les conséquences de ces violences, y compris en termes de santé sexuelle. Ainsi, l’accès à la contraception d’urgence et à l’IVG, les risques de contamination par le VIH et les IST, notamment en cas de viol, peut s’avérer extrêmement problématique pour des femmes qui vivent dans la rue ou dans des camps de fortune.

    Organisation féministe d’éducation populaire, prônant une approche globale de la sexualité, le Planning Familial propose dans ses associations départementales un accueil inconditionnel, une écoute attentive et des réponses adaptées pour toutes les femmes. Il développe et défend l’éducation sexuelle globale comme véritable moyen de prévention. Car il n’y a pas de fatalité à ces violences, il y a des causes, et notamment le sexisme et le patriarcat qui construit les inégalités entre les femmes et les hommes et qu’il faut combattre dès le plus jeune âge.

    En ce 25 novembre, journée de lutte internationale contre les violences faites aux femmes, le Planning Familial demande que soit reconnues les situations spécifiques vécues par les femmes migrantes. Pouvoir vivre une vie affective et sexuelle à l’abri des violences est un droit fondamental pour toutes les femmes. Indépendamment de leur statut administratif, leur origine ou leur situation matérielle.

    Contacts presse : Danielle Lanssade, Membre du Bureau national du Planning Familial # 06 83 31 09 64 OU Veronica Noseda, Coordinatrice nationale du Planning Familial # 01 48 07 81 00

     

  • Les malades étrangèr-e-s abandonné-e-s par le gouvernement ?

    Mardi 15 Novembre 2016

    Réforme  du droit au séjour des étrangers malades :

    Les malades étrangèr-e-s abandonné-e-s par le gouvernement ?

     

    En France, les personnes étrangères gravement malades qui ne pourraient pas avoir accès à un traitement et à un suivi dans leur pays d’origine, sont censées être protégées contre toute mesure d’expulsion et avoir droit à un titre de séjour. Ce dispositif vise un double objectif : le respect de la santé individuelle et la protection de la santé publique.

    Mais les rédacteurs des décrets d’application de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers semblent l’avoir oublié. Cette loi prévoit le transfert de l’évaluation médicale des demandes de cartes de séjour pour soins, des Agences régionales de santé (ARS) à un collège du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), organisme placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. L’Observatoire du droit à la santé des étrangers, ainsi que la Commission nationale consultative des droits de l’Homme et le Défenseur des droits avaient déjà fait part de leurs inquiétudes face à une telle mesure qui illustrait une volonté de faire primer les contrôles migratoires sur la santé publique.

    Le gouvernement aurait pu tenir compte de ces avertissements en confiant, comme la loi le lui permettait, aux médecins traitants des demandeurs, plus aptes à rendre parfaitement compte de l’état de santé de leurs patients, la rédaction des rapports médicaux destinés à l’examen par le collège des médecins de l’OFII.

    Tel n'est pas ce que prévoient les décrets : la décision se prendra en effet au regard d'un rapport médical « établi par un médecin de l'OFII », sur la base d'un simple « certificat médical » du médecin traitant ou « d'un praticien hospitalier ». Le « tout-OFII » l’a emporté marquant le dessaisissement du ministère de la Santé et la mainmise du ministère de l’Intérieur sur la procédure. Seuls les enjeux de contrôle de l’immigration semblent désormais primer au mépris des considérations sanitaires.

    Cette décision gouvernementale est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient dans un contexte où les services du ministère de l’Intérieur continuent d’entraver massivement les avis médicaux des médecins des Agences régionales de santé ainsi que les décisions préfectorales, et s’adonnent à de nombreuses violations ou incitations à la violation du secret médical. Plusieurs de ces médecins se sont d’ailleurs plaints de ces pressions préfectorales auprès de leurs Conseils de l’ordre.

    Afin que les médecins du service médical de l’OFII puissent exercer leur mission en adéquation avec les principes déontologiques, et qu’ils ne fassent l’objet d’aucune pression, l’ODSE demande des garanties permettant de maintenir le pilotage de l’évaluation médicale des demandes de cartes de séjour pour soins sous la compétence exclusive du ministère de la Santé.

     

    Contacts presse :

    Rafael Flichman (Cimade) : 01 44 18 72 62 - 06 42 15 77 14 – rafael.flichman@lacimade.org

    Arnaud Veisse (Comede) : 06 68 60 38 24 - arnaud.veisse@comede.org

     

    Les membres de l’Observatoire du droit à la santé des étrangers sont :

    ACT UP Paris, AFVS (Association des familles victimes du saturnisme), AIDES, ARCAT, CATRED (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits), CENTRE PRIMO LEVI, CIMADE, COMEDE (Comité pour la santé des exilés), CoMeGAS, CRETEIL SOLIDARITE, DOM’ASILE (Domiciliation et accompagnement des demandeurs d’asile), DROITS D’URGENCE, FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), GAIA Paris, GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés), LA CASE DE SANTE (Centre de santé communautaire ­ Toulouse), la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME, MEDECINS DU MONDE, MFPF (Mouvement français pour le planning familial), MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), RESEAU LOUIS GUILLOUX, SIDA INFO SERVICE, SOLIDARITE SIDA, SOS HEPATITES

  • La clause de conscience tue les femmes en Europe

    Lundi 24 Octobre 2016

    Tragédie absolue
    La clause de conscience tue les femmes en Europe


    Le 29 Septembre, Valentina X enceinte de 19 semaines d’une grossesse gémellaire a été hospitalisée à Catane, en Sicile, suite à une dilatation cervicale précoce. Le personnel médical n’est pas intervenu quand son état s’est aggravé et qu’une souffrance fœtale majeure a été détectée sur l’un des fœtus. Le médecin a attendu pour intervenir qu'il puisse constater les morts fœtales. L'état de santé de Valentina s’est rapidement détérioré. Elle est morte deux jours plus tard de septicémie le 16 octobre à l'hôpital Cannizzaro. Elle avait 32 ans.


    Déjà en octobre 2012, en Irlande, Savita Halappanavar, âgée de 31 ans, enceinte de 17 semaines, avait été admise à la clinique de l'Université de Galway en raison de douleurs abdominales sévères et d’une forte fièvre, elle est morte d'une septicémie après s'être vu refuser un avortement thérapeutique car le corps médical avait jugé qu’il ne pouvait intervenir tant que la mort fœtale n’était pas constatée. 


    L'avortement est légal depuis 1978 en Italie, il demeure en pratique très compliqué d'obtenir un avortement sur demande, même pour des raisons médicales comme le cas de Valentina vient dramatiquement nous le rappeler. 70% des gynécologues italiens refusent de réaliser cette procédure (90 à 94% dans certaines régions). 


    L’Italie rejoint l’Irlande, la Pologne, Malte dans sa détermination à faire payer aux femmes le prix fort de souffrances, de handicap, voire de leur vie, pour des grossesses non prévues mais aussi pour des grossesses désirées et prévues que des complications médicales viennent bouleverser.


    Certains médecins et autre personnel médical, dans le cas d’avortement en Italie et ailleurs, font aujourd’hui passer leur conscience personnelle avant la santé et la vie des femmes.  


    Le gouvernement italien, ainsi que tous les autres où ce droit à l’avortement est pénalisé, limité, sujet à contrôle social et médical, conditionné au bon vouloir du corps médical, doit prendre acte que toutes ces entraves valident une forte discrimination entre les femmes en Europe.


    Ces entraves autorisent les mauvais traitements et condamnent à des violences, des souffrances,  et à mort les femmes, toutes les femmes…


    Dans ce cas précis, la clause de conscience s’apparente à de la non-assistance à personne en danger.


    Contacts : Danièle Gaudry, 06.60.95.50.77 / Caroline Rebhi, 06.59.87.03.20

  • Une nouvelle co-présidence élue au Planning Familial

    Jeudi 20 Octobre 2016

    Une nouvelle co-présidence élue au Planning Familial :

    Caroline Rebhi et Véronique Séhier

     

    Le conseil d’administration national du Planning Familial vient d’élire son nouveau bureau pour mettre en œuvre les orientations votées au congrès national de mai 2016. Il a élu également les deux co-présidentes  Caroline Rebhi, membre du bureau national depuis 4 ans, et Véronique Séhier, co-présidente depuis 3 ans, et a vivement remercié Carine Favier pour son investissement en tant que présidente d’abord, puis co-présidente depuis 3 ans.

    Leur feuille de route est claire : promouvoir la liberté de choix pour toutes les femmes, défendre les droits sexuels de toutes les personnes, lutter contre toutes les formes de violences liées au genre. Dans un contexte national et international propice aux discours simplificateurs, populistes et réactionnaires, notamment celui des anti-choix qui refusent clairement l’égalité entre les sexes et les sexualités, elles veulent renforcer le partenariat avec les associations et mouvements progressistes en France et en Europe pour défendre nos valeurs communes et lutter contre toutes les discriminations et inégalités sociales.

    Les deux co-présidentes l’ont affirmé : au cours de ce mandat, elles veulent donner toute sa force au travail collectif et à l’éducation populaire pour les années à venir. Il s’agit aussi de construire avec les jeunes leur place dans un mouvement plein de  forces vives et dynamiques au sein des 76 associations qui le composent. En ce soixantième anniversaire du Planning, il est essentiel de faire valoir la force de toutes les personnes qu’il reçoit au quotidien lors de ses accueils ou animations collectives, de toutes origines et de tous âges. Et pour cela, l’éducation populaire est un véritable outil de participation à la transformation sociale.  

  • Une première victoire pour les femmes polonaises

    Jeudi 06 Octobre 2016

    Le Planning salue la décision du Parlement polonais de voter contre le projet de loi qui visait à bannir complètement le droit à l’avortement. La mobilisation des femmes polonaises et la solidarité internationale a eu raison des relents liberticides des mouvements antichoix. Cette excellente nouvelle, qui ne saurait néanmoins nous faire oublier que la législation polonaise demeure extrêmement restrictive, intervient à la fin de la conférence EuroNGOs qui s'est close hier, et qui a réuni à Paris 176 représentant.e.s de la société civile, des agences onusiennes, et des gouvernements européens engagé.e.s dans le champ des droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR).

    L’édition 2016 a porté notamment sur l’Agenda 2030 et les défis liés à sa mise en œuvre. Un an après le lancement des Objectifs du développement durable, les conférenciers.ères ont réfléchi collectivement aux stratégies et moyens concrets pour atteindre ces objectifs à l’échelle internationale, nationale et locale. Cela concerne tous les pays du monde, puisque, pour la première fois, les objectifs fixés par l’agenda des Nations Unies sont universels, et ne concernent pas seulement les pays du Sud.

    De nombreuses interrogations sur l’Europe étaient également à l’ordre du jour. En effet, l’Europe peut-elle toujours se considérer comme progressiste, alors que selon une étude qui sera publiée à la fin de l’année 15% des parlementaires européens adhèrent aux idées des antichoix ? Les agissements de groupuscules réactionnaires minoritaires mais bien organisés doivent nous faire redoubler d’efforts pour garantir un accès universel aux droits et santé sexuels et reproductifs.

     L'exemple polonais aujourd’hui donne de l’espoir pour les mois et années à venir à toutes celles et ceux qui se battent au quotidien pour la défense des droits humains fondamentaux dont font partie les droits sexuels.

     

    Contact : Véronique Séhier, Co-présidente du Planning Familial # 06 86 65 25 19