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Communiqués de presse

  • A la faveur de l’été, le Gouvernement coupe dans la santé mondiale

    Jeudi 30 Juillet 2015

    Paris, le 29 juillet 2015 - Le Collectif Santé 2015 avait interpellé François Hollande sur la politique de la France en matière de santé mondiale. Afin de lever certaines zones d’ombre du courrier de réponse, le Collectif a rencontré ses équipes en début de semaine. Si les discours se sont voulus rassurants, les coupes budgétaires pour la santé mondiale se confirment. La lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, et la santé des femmes et des enfants au Sahel seraient directement touchées. La santé mondiale, une priorité de l’aide française au développement, vraiment ?

    La France amputera sa contribution pour 2015 au Fonds Mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme de 40 millions d’euros. Ces 40 millions de coupe s’ajoutent à une longue liste d’engagements annoncés mais non tenus :

     

    • 27,5 millions d’euros ne sont toujours pas décaissés pour Gavi, l’alliance des vaccins ;
    • Plusieurs projets pour l’accès aux soins des enfants du Sahel ont été signés avec des Etats de la bande sahélienne mais la France cherche toujours comment les financer.
    • L’initiative Muskoka (engagement financier pour les droits sexuels et reproductifs, la santé materno-infantile dont la lutte contre la sous-nutrition) va prendre fin en 2015 et ne sera pas renouvelée.
    Sur un budget annuel total de 600 millions, cela représente près de 15% de coupes sèches.

     Par ailleurs, le 10 juillet dernier, lors de conférence des donateurs à New York, la France a promis un effort supplémentaire de 150 millions pour combattre l’épidémie Ebola et soutenir la reconstruction des pays affectés : peut-on y croire, au vu des coupes successives et du non respect des engagements pris ?
    Les 80 millions de coupe opérés sur 2015, montant infime au regard du budget de l’Etat, auront des répercussions bien réelles sur l’état de santé des populations les plus vulnérables. Nos organisations réfutent l’argument de politique de réduction budgétaire comme justification des coupes en matière de santé. Nous ne partageons pas non plus la stratégie d’une flexibilité des aides publiques en réaction à des situations spécifiques. Les fonds d’urgence existent pour cela.

    Sous couvert d’économies à court terme, ce sont des dépenses plus importantes à venir et des vies qui sont en jeu. L’impact sur les populations avec lesquelles nous travaillons au quotidien sera, lui, clairement mesurable, dont notamment :
    • 416 000 personnes atteintes de tuberculose n’auront pas accès aux traitements
    • 875 000 enfants ne seront pas vaccinés
    • 50 000 enfants ne seront pas traités contre la malnutrition
    • 470 000 femmes n’auront pas accès à la planification familiale
    • 100 000 personnes séropositives qui seront privées de traitement et de suivi médical
    Par ailleurs, le ministère des affaires étrangères n’a toujours pas répondu aux sollicitations de notre Collectif, signe que la santé et le développement ne sont plus des préoccupations du Quai d’Orsay.Nos organisations appellent le gouvernement à respecter les promesses faites aux pays et populations affectées et à maintenir un engagement financier à la hauteur de ces enjeux. Il en va de sa crédibilitéauprès des pays partenaires et sur la scène internationale mais également de son propre intérêt tant les questions sanitaires ne s’arrêtent pas aux frontières.

    Contacts presse :

    Pauline Pruvost – Global Health Advocates France ppruvost@ghadvocates 06 72 90 74 32

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  • Avortement : hier l’Espagne, aujourd’hui le Portugal, et demain ?

    Vendredi 24 Juillet 2015

    Le 21 juillet, le Parlement portugais a voté une loi restreignant l’accès des femmes à l’avortement, marquant ainsi un recul sur le terrain de la libre disposition de son corps. Nous condamnons le vote de cette loi inique, qui non seulement marque un retour en arrière, mais est aussi dangereuse pour la vie de milliers de femmes portugaises.

    Alors que les Portugaises pouvaient depuis 2007 avorter librement et gratuitement, elles devront dorénavant payer tous les actes médicaux liés à l’interruption de grossesse, et se soumettre à des entretiens préalables qui visent ni plus ni moins à les empêcher d’avorter (en détaillant les allocations auxquelles elles pourraient prétendre en cas de naissance).

    A l’instar de l’Espagne en 2014, le Portugal est passé d’une législation progressiste à une législation réactionnaire, qui cède sous le poids des conservatismes et considère les femmes comme des êtres inférieurs, qui ne sauraient prendre une décision de manière libre et éclairée. Nous le rappelons, encore et toujours : une femme qui veut avorter sait ce qu’elle fait. Tenter de l’empêcher de le faire est une violence.
    Les avortements clandestins tuent 47000 femmes par an dans le monde. Sur 46 millions d’avortements réalisés chaque année, 20 millions le sont dans des conditions illégales et dangereuses. La conséquence c’est que toutes les 9 minutes, une femme meurt des suites d’un avortement clandestin (chiffres de l’OMS). Le Portugal, avec sa nouvelle législation ne va faire qu’alourdir le bilan ! Restreindre le droit d’avorter, c’est donc pousser les femmes dans la clandestinité. Les plus riches iront avorter dans des pays où c’est autorisé. Les autres devront s’en remettre aux méthodes à risque, dont on connaît trop bien les conséquences sanitaires désastreuses.

    Nous nous inquiétons des nombreuses menaces qui pèsent sur l’avortement en Europe. C’est la Pologne qui a adopté en 1993 une législation drastique en la matière, et qui n’autorise l’avortement qu’en cas de viol ou de risques vitaux pour la femme. C’est l’Espagne qui a récemment restreint l’accès à l’avortement pour les mineures, après avoir échoué dans leur tentative de le restreindre pour toutes les femmes. C’est l’Irlande qui, malgré de très timides tentatives d’évolutions législatives en la matière, continue de l’interdire, condamnant ainsi des femmes littéralement à mort. C’est l’Italie, dénoncée en 2012 par le Conseil de l’Europe, où en moyenne 70% des médecins (voire 90 à 95% selon les régions) sont objecteurs de conscience/évoquent l’objection de conscience pour ne pas pratiquer d’avortement. C’est la Hongrie, dont l’actuel gouvernement finance des campagnes anti-avortement. C’est Malte, qui l’interdit en toutes circonstances. Les Européennes sont inégales en la matière. Allons-nous tolérer cette situation encore longtemps ? L’Union européenne va-t-elle continuer de faire la sourde oreille sur ce sujet ?

    Le 17 janvier dernier, alors que nous célébrions les 40 ans de la loi autorisant l’avortement en France, nous avons pris l’engagement de nous battre pour que l’avortement soit légalisé à l’échelle de l’UE, que toutes les femmes soient libérées du poids d’une grossesse non désirée, partout. Le droit des femmes à disposer de leur corps ne doit plus être l’angle mort des politiques européennes !

    Signataires
    – Féministes en Mouvements (Osez le féminisme !, FIT Une femme un toit, Adéquations, Réseau Rupture, Libres Mariannes, Ligue du droit international des femmes, Féminisme et géopolitique, Collectif Féministe Contre le Viol, SOS sexisme, Femmes pour le dire, femmes pour agir, Mémoire Traumatique et Victimologie, Mouvement français pour le Planning familial, Du côté des femmes, Femmes solidaires, Assemblée des femmes, Réussir l’Egalité Femmes-Hommes, Coordination pour le Lobby Européen des Femmes, Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes, ANEF, l’Escale Solidarité Femmes)
    – Ligue de l’enseignement
    – Les Georgette Sand
    – Les effronté-e-s
    – FEMEN
    – La Maison des Femmes de Paris
    – L’UEC
    – Le MJS
    – L’UNEF

  • La conférence ICASA 2015 au Zimbabwe : un choix incohérent et obscur de la Society for AIDS in Africa (SAA)

    Vendredi 10 Juillet 2015

    Initialement prévue en Tunisie, l’International conférence on AIDS and STI in Africa (Icasa) organisée tous les 2 ans aux alentours du 1er décembre, doit finalement avoir lieu au Zimbabwe.

    L’information a été officiellement annoncée par la Society for AIDS in Africa (SAA) le 23 juin, après avoir, en mai dernier, communiqué de façon brutale l’annulation et le report de la conférence initialement prévue.

    La décision de la SAA est particulièrement originale : les agressions et les discriminations envers les homosexuels sont reconnues comme un facteur aggravant de l’épidémie, la SAA fait cependant le choix d’organiser sa conférence dans un pays dont le président est notoirement homophobe.

    Robert Mugabe a en effet eu des propos anti-gay d’une extrême violence : « L’Eglise dit que l’homosexualité est une abomination. C’est aussi le cas dans notre propre culture. Les hommes qui participent à ce genre de pratique mériteraient d’être castrés ».

    Le Zimbabwe n’est pas un pays sûr pour les activistes de la lutte contre le sida. L’expérience montre d’ailleurs que le plus grand risque pour ces derniers réside bien souvent dans les politiques discriminantes des Etats : organisée au Sénégal en 2008, l’Icasa avait été suivie de l’emprisonnement de neuf militants de AIDES Sénégal, poursuivis pour « association de malfaiteurs et pratiques contre nature ».

    Les motivations de la SAA ne résident certainement pas dans la cohérence de la lutte ou le respect des congressistes qui doivent en plus mettre en place des actions sur leur territoire pour le 1er décembre et qui ont réservé de longue date leur déplacement à Tunis.

    Les activistes de la lutte contre le sida souhaitent des conférences de qualités, mises en place sur des territoires cohérents et organisées bien en amont, sans précipitation et de façon transparente. Ces événements doivent leur permettre d’acquérir de nouveaux pouvoirs tant en matière de lutte contre le sida qu’en terme de droits pour toutes les communautés concernées par le VIH.

    Nous militants de la lutte contre le sida décidons de boycotter cette conférence et appelons l’ensemble du monde de la lutte contre le sida à faire de même !

     

    Signataires : ActUp Paris, AFRICAGAY CONTRE LE SIDA, AIDES, ALCS, Coalition PLUS, CRIPS Ile-de-France, Le Planning Familial, Sidaction

    Et les professeures Françoise BARRE-SINOUSSI, lauréate 2008 du Prix Nobel de Médecine ou Physiologie, Hakima HIMMICH, Présidente de l’ ALCS et professeure de médecine, et Christine KATLAMA, du département des maladies infectieuses et tropicales de l’unité infection et immunodépression de l’hôpital Pitié-Salpêtrière.

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  • Accès à la PMA : suivons l’avis du HCEfh !

    Mercredi 01 Juillet 2015

    Le Planning Familial salue l’avis rendu ce mercredi 1er juillet par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) en faveur de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à « toutes les femmes sans discrimination ».

    Dans une contribution rendue publique le mercredi 1er juillet, le HCEfh recommande d’étendre l’ouverture de la PMA pour toutes les femmes seules ou en couple, quelle que soit leur orientation sexuelle. Dans un contexte de recomposition des schémas familiaux et parentaux, cette ouverture permettrait de remédier aux discriminations auxquelles se heurtent chaque année des milliers de femmes françaises, contraintes de recourir à des PMA coûteuses à l’étranger, voire à des méthodes peu sûres, avec les risques sanitaires que l’on connaît (moindre suivi gynécologique, infections sexuellement transmissibles, etc.).

    Le Planning Familial soutient cet avis qui est cohérent avec les valeurs d’égalité défendues depuis toujours par l’association. Il réaffirme que toutes les femmes qui souhaitent avoir des enfants doivent bénéficier d’un égal accès aux services de santé sexuelle et reproductive appropriés, sans aucune entrave extérieure – qu’elle soit politique, religieuse ou juridique.

    L’extension de l’accès à la PMA était une des promesses du candidat François Hollande. Il est temps de la concrétiser !

  • Malades étrangers : le couloir de la mort à la française

    Mardi 16 Juin 2015

    Communiqué de presse de l'Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE)

    Quatre ans jour pour jour après la réforme du droit au séjour pour soins, et à la veille des débats parlementaires autour de la future loi Immigration, nos associations dénoncent le traitement inhumain réservé par l’Etat à des malades étrangers.

    Tout a commencé le 16 juin 2011. Une réforme brutale du droit au séjour pour soins permet alors l’expulsion de personnes gravement malades vers des pays n’offrant aucune garantie d’accès aux soins. Alors que François Hollande s’était engagé à revenir sur cette réforme au cours de son mandat, nous constatons depuis mai 2012 la constante dégradation des conditions d’accès au séjour pour soins et une accélération sans précédent des placements en rétention de malades étrangers en vue de leur expulsion.

    Nous parlons de personnes atteintes notamment du VIH, d’une hépatite ou d’un cancer, résidant en France parfois depuis de nombreuses années, que l’Etat décide d’expulser mettant leur vie en péril. Des pratiques illégales se généralisent : certains préfets court-circuitent les avis des médecins, certains médecins ignorent délibérément les circulaires du ministère de la santé... et au bout de la chaine, des personnes gravement malades enfermées ou expulsées. Comme cette femme séropositive, vivant en France depuis bientôt 10 ans : le renouvellement de son titre de séjour vient d’être refusé, remplacé par une obligation de repartir en République Démocratique du Congo où elle ne pourra avoir accès aux traitements VIH (seuls 15% des malades congolais avaient accès aux traitements antirétroviraux en 2013)

    Dans un contexte où les expulsions priment trop souvent sur le droit à la santé, des malades étrangers se retrouvent pris en tenaille entre des préfets exerçant des prérogatives médicales et quelques médecins d’ARS mis dans un rôle policier. Ils vivent sous la menace d’un retour forcé, retour qui signifierait souvent condamnation à mort eu égard à la gravité de leur pathologie. Faire valoir leurs droits est devenu un véritable parcours du combattant, souvent vain. Les plus vulnérables finissent par y laisser leur santé, les moins chanceux y laisseront leur vie.

    Ce que l’Etat réserve désormais à de nombreux malades étrangers, c’est bien un couloir de la mort qui ne dit pas son nom.

    Pour nos associations, rien ne peut justifier de sacrifier la vie de personnes malades. Aujourd’hui 16 juin, nos militants ont investi des lieux symboliques dans plusieurs villes en France, afin de dénoncer cette politique. Nous demandons au Président de la République de tenir ses engagements. Il doit mettre un terme au traitement indigne réservé aux malades étrangers et surseoir aux procédures d’expulsion afin que les dossiers soient réexaminés. Il lui appartient de réaffirmer au plus vite le primat des enjeux de santé sur les objectifs de contrôle migratoire. Un dispositif transparent doit être mis en place, sous la tutelle exclusive du Ministère des Affaires sociales et de la Santé, afin de garantir la protection des étrangers gravement malades. Le projet de loi immigration prévoit pourtant le transfert des compétences du ministère de la Santé au ministère de l’Intérieur, nous appelons les parlementaires à refuser d’endosser la responsabilité d’un tel désastre.

    Les  membres  de  l’ODSE  sont  : ACT UP Paris, l’Association des Familles Victimes du Saturnisme (AFVS), AIDES, ARCAT, le CATRED, CENTRE PRIMO LEVI, la CIMADE, le COMEDE, le COMEGAS, CRETEIL-SOLIDARITE, DOM'ASILE, la FASTI, la FTCR, GAIA Paris, le GISTI, LA CASE DE SANTE, la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME, MEDECINS DU MONDE, Le Planning familial (MFPF), le MRAP, le Réseau Louis Guilloux, Sida Info Service (SIS), SOLIDARITE SIDA, SOS HEPATITES

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