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Communiqués de presse

  • Rétablissement du délit de racolage passif au Sénat: le tout sécuritaire et l’ordre moral contre les prostitués-es ?

    Vendredi 27 Mars 2015

    En réintroduisant le délit de racolage passif dans la loi sur la prostitution, les sénateurs donnent un coup d’arrêt brutal à une possible amélioration des conditions de vie des personnes qui se prostituent. L’abrogation de ce délit leur permettait d’entrevoir la fin de ces mesures iniques qui mettent chaque jour en danger leur sécurité en les condamnant à la clandestinité et à l’isolement, et leur santé, en les éloignant des structures de prévention et de soins. Elle les prive ainsi de droits humains fondamentaux.

    Les rapports et avis émis en France  (Rapport IGAS 2011, CNS, CNCDH...) depuis la mise en place de la loi LSI (loi de sécurité intérieur) en 2003 en démontrent les effets néfastes. En les faisant disparaitre d’endroits visibles dans l’espace public, elle a renforcé l’exposition des personnes qui se prostituent aux risques et violences de toutes sortes ainsi qu’aux IST, hépatites, grossesses non voulues et au VIH . Elle a participé à la dégradation de leur situation sociale, juridique, économique, sanitaire. Et n’a eu aucun effet positif sur la lutte contre les réseaux de traite.

    C’était d’ailleurs la conclusion de la commission spéciale du Sénat en 2014.

    C’est pourquoi la quasi-unanimité s’était faite autour de l’annonce de la suppression de ce délit de racolage passif: les personnes qui se prostituent, les associations qui travaillent à leurs côtés, des élus, et nombre d’institutions sociales et sanitaires avaient salué ensemble la fin de cette mesure injustifiable.

    Sa réintégration dans la loi est le signe d’une vision moraliste et contre-productive de la prostitution et une attaque indirecte et hypocrite contre des personnes qu’elle stigmatise.  Femmes, hommes, trans, hétéros, homos, migrants-es ou non, précaires ou moins précaires, toutes et tous subiront encore les effets pervers et dégradants de cette loi qui les fragilise au lieu de les protéger. C’est inacceptable ! 

    Nous défendrons aux côtés des personnes qui se prostituent leur accès à la santé, à la sécurité, à des papiers, à un accompagnement social personnalisé… bref, à la jouissance de ces droits humains qui sont fondamentaux et universels.

  • Prostitution : la pénalisation nuit gravement à la santé

    Mercredi 18 Mars 2015

    Le Planning Familial fait toujours sienne la position votée par son CA en juin 2011 et confirmée en congrès en octobre 2012 : "Le Planning Familial, mouvement féministe, agit et lutte pour participer à la construction d’une société égalitaire, sans marchandisation et sans violence. Cet objectif ne doit pas nous conduire à agir, ici et maintenant, en aggravant la situation des personnes concernées par cette marchandisation, les inégalités et les violences."  Convaincu par les réalités de terrain que les politiques de pénalisation, que ce soit celle pénalisant le racolage passif ou celle pénalisant les clients, n’auront d’autres conséquences que de fragiliser la situation des personnes qui se prostituent, il est signataire de l’appel rédigé  par les  acteurs de la santé qui agissent quotidiennement sur le terrain :


    Act Up-Paris - AIDES - ARCAT - AUTRES REGARDS - Médecins du Monde - Le Planning Familial – Les Amis du Bus des Femmes

    Les 30 et 31 mars prochains, la proposition de loi sur la prostitution sera examinée en première lecture au Sénat. Nous, associations de santé qui travaillons au plus près des prostituéEs, avons à maintes reprises alerté les parlementaires sur les risques sanitaires et les violations de droit que constituait ce texte pour les personnes concernées. Dans son avis rendu en juillet 2014, la commission spéciale du Sénat a entendu certaines de nos recommandations : elle a confirmé l'abrogation du délit de racolage et supprimé l'article 16, qui visait à pénaliser les clients. Si cet avis ne permet pas de dissiper nos inquiétudes sur le caractère globalement néfaste d’une loi spécifique sur la prostitution, il reconnaît néanmoins que pénaliser le racolage ou pénaliser les clients, c'est d'abord pénaliser les prostituéEs et entraver dangereusement leur accès à la santé et aux droits.

    Voté il y a douze ans jour pour jour, le délit de racolage a largement dégradé les conditions de santé et d'exercice des personnes qui se prostituent. Rejetées de l'espace public, moins accessibles aux associations de soutien et de prévention, elles sont aussi davantage exposées aux violences et aux risques, et moins en capacité de négocier des rapports protégés. Voilà le bilan d'un article de loi absurde guidé en 2003 par des préoccupations morales et sécuritaires.

    Or la pénalisation des clients répond aux mêmes postures idéologiques, ignorant délibérément la réalité de terrain et le vécu des personnes concernées. Tout laisse donc à penser qu'elle sera suivie des mêmes effets. Le "modèle" suédois, cité en référence par les partisans de la pénalisation, a d'ailleurs été vivement critiqué dans une série de publications du journal médical The Lancet  en juillet 2014. Qualifié de "pire modèle qui puisse exister" il s'est traduit par de graves violations de droits pour les personnes qui se prostituent et une exposition accrue aux violences et au VIH. Ce bilan est d'ailleurs parfaitement en phase avec les nombreux avis rendus ces dernières années par les institutions internationales (PNUD, OMS, ONUSIDA) ou françaises (CNS, IGAS, CNCDH).

    La Commission spéciale du Sénat a, elle aussi, fait valoir que la pénalisation des clients "serait inefficace pour lutter contre les réseaux et placerait les prostituées dans un isolement encore plus grand". Nous approuvons cette position et demandons aux parlementaires de la confirmer en séance.

    Nous appelons sénatrices et sénateurs à rejeter toute mesure coercitive ou stigmatisante à l'égard des prostituéEs. Nous les invitons à concentrer leurs efforts sur la lutte contre la traite et pour un accès inconditionnel aux dispositifs de droit commun d'accompagnement social et sanitaire.

    Ne sacrifions pas la santé et la sécurité des personnes concernées par la mise en place de mesures répressives dont elles seraient à nouveau les premières victimes.


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  • ONU 2015 : pour une vraie politique internationale des droits des femmes !

    Lundi 09 Mars 2015

    Vingt ans après la 4e conférence mondiale sur les droits des femmes, les Etats sont attendus à l’ONU. La France devrait saisir cette occasion pour porter sur la scène internationale son engagement affiché pour les droits des femmes.

    Du 9 au 20 mars prochain, les représentants-es des Etats du monde entier vont se réunir à New-York lors de la 59e session de la CSW (Commission de la condition de la femme). Ils examineront les progrès réalisés depuis la conférence de Pékin de 1995, lors de laquelle ils avaient signé un programme d’action en faveur de l’égalité des sexes. Ils s’étaient notamment engagés à garantir l’accès à l’éducation et à l’information en matière de sexualité et à revoir les sanctions existantes contre les femmes en cas d’avortement. Ils avaient également affirmé que les femmes étaient « maîtresses » de leur sexualité – une première !

    Vingt ans plus tard, que reste-t-il de cette conférence historique ? Dans de nombreux pays, le programme d’action a inspiré des politiques qui ont amélioré la vie des femmes, mais les progrès sont insuffisants et nombre de promesses sont restées lettres mortes. L’accès à l’avortement, soigneusement écarté des débats internationaux, est toujours contesté dans des pays aussi proches que l’Irlande, Malte, la Pologne, l’Espagne ou Chypre. Quant à l’éducation à la sexualité, elle est devenue le nouveau cheval de bataille des réactionnaires en tous genres, en France mais aussi en Allemagne, où l’on voit des groupes de « Parents inquiets » demander la fin des séances dans les écoles.

    Porter une parole forte pour les droits des femmes

    Conscient des progrès qu’il reste à réaliser, Le Planning Familial organise un évènement le lundi 9 mars à New-York sur l’éducation à la sexualité, en parallèle de la CSW. Il réunira Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat aux droits des femmes, ainsi que des intervenants-es de l’OMS, du FNUAP et de l’IPPF. La France, qui s’est distinguée par ses mesures récentes en faveur du droit à l’avortement, devra poursuivre ses efforts à l’international et prendre une position forte et assumée pour l’accès à l’éducation à la sexualité dans le monde. Il s’agit d’un droit humain et d’un enjeu crucial pour l’autonomie des femmes et l’égalité des sexes.

    Informations pratiques :

    Education à la sexualité : tremplin vers l’émancipation et l’égalité

    Exemple dans trois pays. L'éducation à la sexualité en pratique ?
    -    Pascale BOISTARD – Secrétaire d’Etat aux droits des femmes – France
    -    Représentant-e du gouvernement d’Afrique du Sud (à confirmer)
    -    Elke FERNER - secrétaire d’État au ministère de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse – Allemagne


    Les enjeux d'une éducation à la sexualité intégrée pour l'Égalité et l'Émancipation.
    -    Fédération international du Planning Familial – IPPF
    -    Fonds des Nations-unies pour la Population – FNUAP 
    -    Organisation mondiale de la santé – OMS

    Lundi 9 mars, 11h30 – 12h45
    ECOSOC Chamber, Conference Building, Nations-Unies, New-York

    Mise à jour lundi 9 mars à 12:11 : évènement organisé en partenariat avec Equipop.

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  • Janvier 2015 : 40 ans ! Le bel âge ...... pour la liberté des femmes d’être mères ou pas!

    Vendredi 16 Janvier 2015

     

    Un enfant si je veux quand je veux ! 

    Le Planning Familial se félicite des mesures annoncées le 16 janvier par Marisol Touraine, dans le cadre de l’anniversaire des 40 ans de la loi française sur l’avortement. 

    Ces mesures ciblent une meilleure information, une amélioration du parcours pour les femmes en demande d’IVG et un renforcement de l’offre.

    Le remboursement à 100% de tous les actes afférents à la bonne réalisation de l’IVG représente une nouvelle avancée  en favorisant l’accès de toutes à l’avortement, quelle que soit leur situation sociale, économique ou territoriale, mineures ou étrangères. Toutefois le maintien du délai de réflexion et de la clause de conscience grève encore la pleine reconnaissance du droit de choisir pour les femmes.

    Les mesures visant à renforcer l’offre (intégration de l’IVG dans les contrats d’objectifs et de moyens, mise en place de procédures garantissant la prise en charge des délais de 10 à 12 SG dans tous les centres hospitaliers, possibilité de la pratique des IVG instrumentales par les centres de santé, amélioration du statut des vacataires hospitaliers) permettront que la loi s’applique enfin dans sa totalité et pour toutes les femmes.

    Le rôle de l’information pour la connaissance et l’exercice des droits sur tous les territoires est primordial : nous saluons la création d’un numéro national en lien avec le site IVG.gouv.fr, et le lancement d’une campagne nationale d'information. Articulé avec les plateformes régionales, il doit garantir une réponse rapide de proximité.

    L’évaluation, l’état des lieux et l’analyse des données (création d’une commission nationale) concernant l’application de la loi vont permettre une meilleure connaissance des réalités locales. Ils devront contribuer à garantir une véritable application et effectivité de la loi sur tous les territoires et pour toutEs.

    Ces mesures, doivent s’accompagner des moyens à la hauteur des ambitions annoncées pour construire une base nécessaire au travail de destigmatisation de l’avortement, tant par l’évolution du regard social que par la déculpabilisation des femmes vis-à-vis de cet acte.

    Dans le contexte européen actuel qui se dégrade pour l’IVG, ce plan donne un signal fort de la France quant à la reconnaissance du droit à l’avortement dans les droits humains fondamentaux.

    2 rendez-vous pour cet anniversaire !

    Samedi 17 janvier 9h : Bougez pour l’IVG : colloque à la Mairie de Paris IV, organisé par le Réseau Féministe en mouvement - FEM

    Samedi 17 janvier 14h30 à Bastille : Manifestation nationale pour les droits des femmes « En avant toutes » organisé par le Collectif National pour les droits des Femmes - CNDF

    Contacts : Véronique Sehier # 06 86 65 25 19 – Carine Favier # 06 88 52 09 10