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Communiqués de presse

  • CPD 2014: une résolution en demi-teinte

    Vendredi 18 Avril 2014

    Déclaration conjointe : EquiPop.org, Médecins du Monde et Le Planning Familial

    Vingt ans après l’adoption du programme d’action du Caire lors de la conférence internationale sur la Population et le Développement (CIPD), la 47ème session de la Commission Population et Développement (CPD) de l’ONU s’est tenue à New York du 7 au 11 avril 2014 afin d’évaluer les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies.

    Cette session constituait un moment particulièrement décisif pour réaffirmer l’importance des droits en matière de sexualité et de procréation, par la défense des avancées précédemment obtenues et la définition de nouvelles priorités d’action.

    Pour Equilibres & Populations, Médecins du Monde et Le Planning Familial, qui ont participé à la CPD, la résolution finalement adoptée par consensus après une semaine d’intenses négociations, offre un bilan en demi-teinte.

    Les trois associations se félicitent que cette résolution appelle les gouvernements à promouvoir l'égalité des sexes, la santé sexuelle et reproductive et les droits en matière de procréation parmi les priorités du nouveau cadre de développement post 2015. Elles saluent également la demande faite aux Etats d’agir rapidement face aux retards accumulés dans certains domaines clefs du programme d’action du Caire.

    Elles regrettent en revanche l’absence de consensus sur de nouvelles priorités d’action pour relever certains défis majeurs déjà formulés il y a 20 ans dans le programme d’action de la CIPD et qui restent plus que jamais d’actualité.

    Une Alliance de gouvernements conservateurs a empêché toute avancée significative en matière d’avortement et de droits des jeunes, malgré la volonté de nombreux pays, du Nord et du Sud, de se saisir de ces questions Elle s’est ainsi opposée à la proposition qui visait à encourager les gouvernements à éliminer les obstacles juridiques et politiques qui empêchent l'accès à un avortement sécurisé. La résolution finale se contente d’appeler les Etats à former et équiper les prestataires de services de santé afin de s'assurer que, dans les circonstances où il n'est pas interdit par la loi, l'avortement soit sûr et accessible.

    Nous appelons donc les gouvernements, en particulier la France, à faire preuve de fermeté sur les questions d’égalité femmes-hommes et de droits sexuels et reproductifs lors des prochaines échéances onusiennes et en particulier à New York en septembre prochain, à l’occasion de la session spéciale consacrée au Caire +20.

    Voir également en pièce jointe le texte de positionnement des associations préparatoire aux travaux des 20ans du programme d'action du Caire sur la Population et le développement

  • Le Planning Familial lance le site « avortement, un droit à défendre » www.ivg.planning-familial.org

    Mardi 15 Avril 2014
    Le Planning Familial lance le site « avortement, un droit à défendre » www.ivg.planning-familial.org

    Le droit à l’avortement est encore fortement contesté en Europe et dans le monde, malgré les textes internationaux de l’ONU et de l’OMS recommandant la dépénalisation de l’avortement, au nom de la santé publique et du respect de la dignité des femmes. En France, malgré la loi de 2001, et la suppression de la notion de « détresse » des textes législatifs, les résistances sont encore grandes et ne permettent pas à toutes les femmes d’exercer ce droit en toute liberté.

    C’est pourquoi Le Planning Familial lance une campagne nationale de déstigmatisation de l’avortement.

    Conçu en complément des informations contenues dans www.ivg.gouv.fr, ce site a pour objectif principal de faire cesser le silence et la culpabilisation qui pèse sur l’IVG mais aussi :

    • De réassurer les femmes quant à leur choix et démonter les idées reçues sur l’avortement
    • De lancer un appel à témoignages auprès les femmes, de leur entourage et des professionnels sur l’avortement dans la pratique. Ces données permettront la publication, à la fin de la campagne qui devrait durer un an, d’un ouvrage sur les pratiques, bonnes et mauvaises quant à l’avortement en France (IVG et IMG).

    Cette campagne s’appuie sur une affiche et des cartes pockets téléchargeables directement sur le site.

    Télécharger :

  • Nous avons besoin d’un gouvernement « de combat » contre les inégalités en tous genres

    Jeudi 10 Avril 2014

    Le nouveau gouvernement qui vient de se mettre en place va agir dans un contexte de précarité et de chômage, d’inégalités qui se creusent et de fortes inquiétudes pour l’avenir.

    Les promesses non tenues, l’orientation libérale affichée, l’abandon de projets de lois progressistes, ont renforcé le clivage  entre les citoyens, les citoyennes et les politiques qui mènent l’action gouvernementale, et mené à un cuisant désaveu du peuple de gauche, las d’un système où l’intérêt personnel semble primer sur l’intérêt collectif.

    Le risque existe d’un très fort renforcement de cette tendance par les discours tenus actuellement sur la sécurité, la famille, le genre, les étrangers, en France et en Europe.

    Il est urgent d’agir. Le Planning Familial enjoint ce gouvernement dit « de combat » à se mettre en ordre de marche pour lutter clairement contre les inégalités et discriminations à l’œuvre aujourd’hui à travers des mesures fortes :

    •    Le nouveau périmètre du ministère des Droits des Femmes, de  la ville, de la jeunesse et des sports, lui donne toute légitimité pour conduire une vraie politique d’égalité entre les femmes et les hommes, d’accès aux droits et de lutte contre les exclusions,  transversale à la jeunesse et aux territoires, et plus particulièrement sur les quartiers.

    •    Le retour de la visibilité de la « Santé » dans le ministère des affaires sociales est un bon signe mais demande une concrétisation : on attend qu’aboutisse enfin une loi de santé publique courageuse et novatrice, qui intègre clairement dans ses priorités la prévention et l’égalité de toutes et tous en matière de protection et d’accès aux soins, et notamment la prise en compte des besoins de toutes et tous en santé sexuelle, quel que soit l’âge, la situation économique ou le territoire.

    •    Enfin, Le Planning Familial espère vivement que ce nouveau gouvernement sera davantage à l’écoute des forces progressistes qui luttent pour l’égalité des droits entre tous les enfants, entre les différentes formes de famille : dans la continuité du travail engagé par Madame Bertinotti, il doit poursuive le projet resté au milieu du gué après le vote de la loi sur le Mariage pour tous pour la  reconnaissance des différentes façons de « faire famille » et d’un « droit de la filiation à la fois commun et pluraliste, respectueux de  la spécificité des nouvelles formes de filiation fondées sur l’engagement* » , et plus précisément l’ouverture de la PMA à toutes les femmes et le maintien du droit de ne pas être mère, à travers l’accouchement sous X.

    Le Planning Familial, mouvement d’éducation populaire fortement mobilisé sur les enjeux d’égalité, de démocratie veillera à ce que soit prise en compte la parole des personnes concernées en matière de genre, d’égalité, de droits sexuels, d’éducation à la sexualité, et de lutte contre toutes les formes de discriminations. 

  • Campagne contre les violences faites aux femmes, version Roissy ? Silence, on tape !

    Samedi 08 Mars 2014

    Mercredi 26 février 2014, zone d’attente de l’aéroport de Roissy-Charles-De-Gaulle. Six femmes honduriennes et nicaraguayennes se rendent dans le bureau de l’Anafé et racontent avoir été victimes quelques heures plus tôt de violences policières lors d’une tentative de renvoi forcé à destination de Mexico. Cette première tentative a échoué devant le refus du commandant de bord d’embarquer des passagers-ères dans de telles conditions.

    Ces femmes apparaissent bouleversées, et souhaitent porter plainte. L’Anafé les assiste dans cette démarche et récolte leurs témoignages. Quatre d’entre elles sont examinées par le médecin intervenant en zone d’attente, et se voient délivrer un certificat médical attestant de lésions et hématomes multiples.

     

    Devant la gravité des accusations, l’Anafé saisit immédiatement le ministère de l'intérieur de cette situation, et lui demande de surseoir au renvoi forcé de ces femmes dans l’attente qu’une enquête soit diligentée. Dès le lendemain, la police aux frontières (PAF) tente à nouveau de les refouler. Depuis, les tentatives de renvoi sont quotidiennes et le ministère de l’intérieur ne manifeste aucune réaction.

     

    Mardi 4 mars, la PAF parvient à expulser deux d’entre elles : l’une d’elle aurait été menottée et bâillonnée, tandis que l’autre est renvoyée la veille de l’audience prévue devant le Juge des libertés et de la détention, et ne pourra pas faire valoir sa cause devant la Justice.

     

    Mercredi 5 mars : les tentatives pour refouler les quatre femmes, toujours maintenues en zone d’attente se poursuivent, de même que le silence du ministère de l’intérieur. L’une d’entre elle est placée en garde à vue pour avoir refusé d’embarquer vers le Mexique, et sera finalement condamnée par le tribunal correctionnel à deux mois de prison et cinq ans d’interdiction du territoire français.

    Au moment même où le gouvernement lance une campagne, conduite par la ministre des droits des femmes, pour « libérer la parole face aux violences et orienter les victimes vers les professionnels », ce slogan resterait-il lettre morte pour les femmes étrangères placées en zone d’attente ?

     

    Face à la gravité de cette situation, nos organisations demandent au gouvernement :

    - de permettre à celles qui ont été expulsées le 4 mars de pouvoir, si elles le souhaitent, revenir en France pour soutenir leur cause devant la Justice, et de veiller à ce que celle qui a été placée en garde à vue puisse faire valoir ses droits en appel;

    - de protéger d’un renvoi forcé les femmes toujours maintenues en zone d’attente de Roissy, dans l’attente que leurs plaintes soient examinées ;

    - de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le droit à la protection contre les violences faites aux femmes soit également une réalité en zone d’attente ;

    - et, pour les personnes demandeuses d’asile, de garantir la présence en zone d’attente de référents-es sur les questions de violences liées au genre.

    Les organisations signataires :

    ANAFE

    Le Rajfire

    SOS Sexisme

    Femmes de la terre

    Ligue du droit international des femmes

    Forum Femmes Méditerranée

    Observatoire de l’enfermement des étrangers

    Mouvement Français pour le Planning Familial

    Osez le Féminisme

    Le Mouvement Jeunes Femmes

    Femmes pour le dire, Femmes pour agir

    FASTI

    Syndicat de la Médecine générale (SMG)

    Ligue des droits de l’Homme (LDH)

    Syndicat des avocats de France (SAF)

    Syndicat de la Magistrature (SM)

    Observatoire citoyen CRA Palaiseau

    GENEPI

    Revue Pratiques

  • "Un de Nous": l'intiative anti-citoyenne qui s'attaque aux droits des femmes

    Mardi 04 Mars 2014
    "Un de Nous": l'intiative anti-citoyenne qui s'attaque aux droits des femmes

    La seconde Initiative Citoyenne Européenne agréée par la Commission européenne vise à établir une interdiction du financement des actions qui conduisent à la « destruction d’embryons humains, spécialement dans le domaine de la recherche, de l’aide au développement et la santé publique ». Cette demande appuyée par le lobby « Un de nous » s’inscrit dans le courant des opposants aux droits sexuels et reproductifs des femmes qui veulent remettre en cause leur droit à avorter et obtenir la reconnaissance d'un statut de personne humaine juridique à l'embryon.

    Au mépris de toutes les données internationales de santé publique, qui confirment que la légalisation de l’avortement rend ce dernier sûr et évite les souffrances et les morts conséquentes aux avortements clandestins, ces opposants visent un seul but : maintenir un système d’oppression patriarcale et de contrôle du corps des femmes !

    Qui veulent-ils protéger ? Ni les femmes, ni la santé, ni les droits, ni la reproduction : la France est l’exemple d’un pays où la légalisation de l’avortement n’a entrainé ni augmentation de leur nombre, ni baisse du taux de fécondité.

    La Commission européenne doit considérer cette initiative au regard de l’opinion des populations de tous les pays européens qui se sont exprimées pour le maintien du droit à l’avortement dans leur pays et pour l’obtention de l’avortement légalisé dans ceux qui obligent encore les femmes à aller avorter dans les pays voisins.

    Une femme qui a décidé d’avorter le fera, quel qu’en soit le prix : loin de faire reculer l'avortement, les lois restrictives enferment les femmes dans la clandestinité. Ce sont les femmes pauvres qui sont les premières cibles de l’interdiction de l’avortement dans leurs pays.

    Le Planning Familial dénonce l’initiative «Un de nous» qui, si elle était suivie d’effet, serait non seulement une grave atteinte aux droits humains fondamentaux, mais entérinerait ni plus ni moins l’organisation institutionnelle de la discrimination et de la violence à l’encontre des femmes. Car imposer aux femmes des grossesses qu’elles ne veulent pas, c’est nier leur liberté de maîtriser leur choix de vie, socle incontournable d’une société qui prône l’égalité entre les femmes et les hommes. 

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  • La loi sur la Famille victime d’un manque de courage politique

    Mercredi 05 Février 2014
    La loi sur la Famille victime d’un manque de courage politique

    Lundi dernier, le gouvernement a revu ses ambitions à la baisse en annonçant le report sine die du projet de loi sur la Famille, qui devait être examiné cette année. Cette annonce est survenue au lendemain d'une énième Manif pour tous farouchement opposée à la PMA et la GPA, deux mesures qui ne figuraient pourtant pas dans le projet de loi. Alors, de quoi le gouvernement a-t-il eu peur? Des accusations de "familiphobie" des manifestants? Des campagnes de désinformation des lobbys conservateurs? Du contexte d' "hystérisation" du débat? Où est le courage politique du gouvernement qui promettait de défendre "toutes les familles"?

    Qu’est-ce qui fait famille ?

    Bien que l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes ait été rapidement évincée du projet de loi, ce dernier avait au moins le mérite d’aborder la notion de parentalité sous un nouveau jour, plus conforme aux réalités des familles d’aujourd’hui. Une des avancées phares du texte visait en effet à reconnaître le rôle du tiers-parent, avec l’ouverture de nouveaux droits au beau-parent dans les familles recomposées et adoptantes. En confortant le statut des personnes qui « font famille » au sens large, cette mesure devait permettre de valoriser la parentalité sociale, qui met en avant le projet parental, porteur de la vie de l’enfant, et non le lien biologique.

    Avec ce revirement, le gouvernement donne l’impression d’abandonner un chantier auquel le candidat Hollande avait pourtant promis de s’attaquer. Il ouvre un nouveau boulevard aux manifestants de dimanche, qui ne sont autres que ceux qui manifestaient contre le mariage pour tous hier et qui s’opposent aujourd’hui aux ABCD de l’égalité, à grands coups de désinformation. Mais les forces progressistes, qui luttent aujourd’hui pour l’égalité des droits entre tous les enfants, entre les citoyens et citoyennes, entre les différentes formes de famille, ne se démobiliseront pas. Elles ne laisseront pas le gouvernement céder aux thèses alarmistes et rétrogrades des tenants d’un modèle familial traditionnaliste et archaïque, qui se nourrit des peurs et des rumeurs pour mépriser tous ceux qui ne s’y conforment pas.

     

    Photo : Vassil © Wikicommons

  • Une controverse contre l’égalité à l’école dès le plus jeune âge Que se joue-t-il devant nos écoles à l’approche des municipales ?

    Lundi 03 Février 2014

    La peur, les menaces sont aujourd’hui utilisées pour semer trouble et confusion. En fait pour remettre en cause une réalité aussi concrète que mesurable : l’inégalité de statut social entre les femmes et les hommes et la nécessité de lutter contre cette inégalité. Etre un homme et une femme ne donne pas la même place dans la société (salaires, pouvoir..), des études le prouvent. Personne ne peut ignorer les statistiques et les réalités qu’elles décrivent.

    Alors pourquoi aujourd’hui, devant la mise en oeuvre des ABCD de l’égalité ou devant les actions d’éducation à la sexualité que le Planning et les équipes éducatives développent dans les établissements scolaires, certains montent-ils au créneau, affolant, insultant voire menaçant les parents et les enseignant-e-s sur les dangers d’une prétendue « théorie du genre » qui n’existe que dans leur tête !

    Parce que les enjeux de l’éducation à la sexualité et à l’égalité sont de pouvoir inscrire dans la pratique, dans les comportements et les mentalités cette égalité qu’ils refusent. C’est l’apprentissage d’autres modèles, basés sur le respect de soi et de l’autre, quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre, qui le permettra.

    Parce que refuser les dimensions affectives, relationnelles et sociales de la sexualité, c’est la réduire au biologique et à la procréation, objectif affiché de ceux qui aujourd’hui rêvent du retour de la femme au foyer, dans le rôle maternel exclusif qu’elle se doit d’assurer.

    Parce que refuser de prendre en compte l'hégémonie de la norme hétérosexuelle et l'impact des assignations aux rôles sociaux des femmes et des hommes, qui enferment autant les filles que les garçons, contribue à maintenir les inégalités et la stigmatisation de l’homosexualité.

    Pourtant les pays où l’égalité femme homme est la plus avancée sont ceux où l’acceptation de la sexualité des jeunes est la plus importante. Le taux de couverture contraceptive y est le plus élevé et les taux de grossesses non voulues les plus bas.

    Aucune différence ne justifie les inégalités et le cortège des discriminations à l’oeuvre aujourd’hui en matière de sexualité.

    Nous devons garantir ce droit à l’information et à l’éducation pour toutes et tous, droit inscrit dans la loi depuis 2001 à raison de 3 séances par an à l’école, en collège et en lycée. L'éducation à la sexualité doit réellement faire partie du socle commun des savoirs de base et des compétences. C’est un enjeu de démocratie et de progrès social !
    A la veille des élections municipales, mobilisons-nous contre ceux qui, ayant perdu une manche dans leur bataille contre l’avortement, attaquent maintenant violemment toutes celles et tous ceux qui veulent construire une société d’égalité et de liberté.


    Texte adopté au CA national du 2 février 2014