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Communiqués de presse

  • Les jeunes LGBTQI face aux violences et aux discriminations : un enjeu de droit et de santé publique

    Lundi 18 Mai 2015

    La Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (17 mai) devrait être l’occasion d’attirer l’attention sur la situation des jeunes LGBTQI en France et en Europe.

    Il y a deux ans, la France ouvrait le mariage aux couples de même sexe, une mesure soutenue par Le Planning Familial. Si le défi législatif a été relevé, il faut désormais redoubler d’efforts en matière d’éducation et de prévention des discriminations et des violences contre les personnes LGBTQI (Lesbiennes-Gay-BiEs-Trans-Queer-Intersexes), et notamment auprès des jeunes générations.

    Le Planning Familial, qui intervient sur le terrain lors de ses permanences et ses séances d’éducation à la sexualité, s’alarme en effet des discriminations spécifiques dont sont victimes les jeunes LGBTQI : insultes, rejet, exclusion, violences... Comme le soulignait l’INPES en 2014 (1), ces discriminations à caractère homophobe se caractérisent notamment par la faiblesse du soutien de la famille (pouvant aller jusqu’aux mauvais traitements durant l’enfance), la  faible intervention des adultes par crainte de « contagion » du  stigmate (…) et la précocité des préjudices. 

    À un âge où l’affirmation et la construction de soi sont des enjeux importants, cette situation est lourde de conséquences : aujourd’hui encore, les jeunes LGBTQI présentent un risque de suicide nettement plus élevé que la population générale du même âge (2). Au quotidien, cela peut également décourager les jeunes LGBTQI à la recherche de conseils et d’un suivi médical adapté. C’est particulièrement vrai pour les jeunes lesbiennes, dont les difficultés sont restées longtemps invisibles – le terme « lesbophobie » vient seulement de faire son entrée dans « Le Petit Robert 2015 » et il ne figure toujours pas dans le nom officiel de la journée internationale du 17 mai.

    Il s’agit donc d’un enjeu important en termes de droit et de santé publique, qui appelle des mesures ambitieuses, aussi bien du côté de la Santé que de l’Education nationale, et notamment :
    -    La formation des professionnels-les de l’éducation et de la santé aux questions des discriminations contre les personnes LGBTQI
    -    La mise en œuvre effective des trois séances d’éducation à la sexualité par an par tranche d’âge, du CP à la Terminale – conformément à la loi de 2001 et à la circulaire de 2003 (3)
    -    Le soutien, y compris financier, et le renforcement des liens inter-associatifs pour lutter ensemble contre l’homophobie et le sexisme
    Pour Le Planning Familial, qui a fait de l’engagement des jeunes une priorité, il est nécessaire de prendre en compte les réalités de vie des jeunes LGBTQI. L’association y veillera… tous les jours de l’année !

    « Le genre de l’injure ». Mardi 19 mai à partir de 18h30, Le Planning Familial organise un apéro-débat sur les injures contre les personnes LGBTQI, leurs liens avec le sexisme et leur signification. En présence de Christine Bard, professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Angers, qui dirige le programme de recherche GEDI - Genre et discriminations sexistes et homophobes. 4, Square Saint-Irénée, 75011 Paris. Inscriptions : secretariat@planning-familial.org

    (1) Les minorités sexuelles face au risque suicidaire, INPES 2014 http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1291.pdf

    (2) Ibid.

    (3) Loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception et Circulaire n°2003-027 du 17-2-2003

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  • Refonder l’Ecole, c’est engager la réforme du collège ! Ou quand les questions du latin et du grec ne sauraient masquer les véritables enjeux !

    Jeudi 30 Avril 2015

    Communiqué de presse du CAPE - Collectif des associations partenaires de l'école publique

    Mobilisées dans le cadre de la refondation de l’Ecole de la République, convaincues depuis toujours que notre pays a besoin d’une Ecole plus juste et plus efficace, d’une Ecole bienveillante, d’une Ecole ouverte sur son environnement, d’une Ecole coopérant avec les autres acteurs éducatifs, les associations du CAPE soutiennent la réforme du collège.

    A l’heure où la défiance s’amplifie à l’égard des institutions de la République, à l’heure du doute sur la capacité à maîtriser l’avenir, il est de la responsabilité des Associations partenaires de l’école, mouvements pédagogiques et associations d’éducation populaire, de s’engager afin d’accompagner les acteurs de terrain pour limiter les effets sélectifs du collège.

    La loi réforme du collège, qui s’inscrit dans la loi de refondation, marque une étape de plus dans la construction d'une Ecole digne de la République, parce qu'attentive à chaque enfant.  Ce sont en effet les enfants et les jeunes de France qui payent aujourd’hui au prix fort le statu quo. Nous portons l’ambition d'un collège qui veille bien sur tous les élèves, qui prépare tous les élèves à l'étendue, la complexité et la diversité des savoirs, qui mobilise, grâce aux dynamiques des projets éducatifs, plusieurs disciplines pour élucider des situations, comprendre des environnements, se familiariser avec la conceptualisation.

    En cela nous soutenons le principe d’un collège unique qui aide tous les adolescents à prendre confiance en eux, à prendre plaisir à travailler et à comprendre.

    Réformer le collège, c’est agir pour que la République laïque tienne ses promesses, celles de l'égalité, de la justice et de l'accès aux savoirs émancipateurs et à la liberté de penser. Elle participe d’un nouvel  élan public  territorial et national pour une éducation partagée, véritable investissement pour un avenir solidaire, permettant alors à tous les citoyens de recouvrer la confiance dont ils ont tant besoin en période de crise économique, culturelle, sociale et morale.

    Réussir la réforme du collège, c’est faire le pari de l’intelligence collective, c’est miser sur la créativité, l’engagement des acteurs de l‘éducation, c’est oser l’innovation. C’est aussi accepter d’inscrire tout cela dans le temps : temps de la réflexion et de la concertation, temps de la mise en œuvre, temps nécessaire à l’évolution des pratiques professionnelles.

    Notre pays a besoin de permettre à tous ses enfants de se cultiver, de s'instruire et de se former.  Un pays qui laisse croire à un seul de ses enfants qu'il est sans avenir est un pays qui hypothèque l'avenir.
    Et nous ne connaissons  aucun parent qui veuille que cet enfant soit le sien !

    Membres du CAPE : AFEV, AFL, ATD Quart Monde, CEMÉA, CRAP-Cahiers pédagogiques, Éclaireuses et éclaireurs de France, Éducation & Devenir, Fédération française pour l’UNESCO, FESPI, Fédération Léo Lagrange, Fédération nationale des CMR, Fédération des AROEVEN, Fédération nationale des Francas, FNEPE, GFEN, ICEM-Pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement, Mouvement Français pour le Planning Familial, Mouvement français des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs (Foresco), OCCE, Fédération Générale des PEP, Peuple et Culture.

  • La loi de santé : des avancées… à concrétiser !

    Jeudi 16 Avril 2015

    Les député-es ont voté en première lecture le projet de loi santé présenté par Marisol Touraine. Cette loi contient de réelles avancées, et inscrit l’égalité femmes hommes dans les objectifs de santé.

    Dans un contexte français où les inégalités sociales de santé s’accroissent, elle doit s’accompagner d’un renforcement de la prévention, notamment en matière de santé sexuelle.

    L’amélioration de l’accès aux soins pour toutes et tous contribue à la lutte contre ces inégalités qui touchent particulièrement les femmes. La généralisation du tiers payant est une mesure incontournable pour lutter contre le renoncement aux soins.
    Plusieurs mesures vont permettre d’améliorer le parcours des femmes en matière de contraception et d’IVG:

    •    Suppression du délai de réflexion, qui renforce leur légitimité à décider pour elles-mêmes. Enfin, elles sont reconnues capables de réfléchir le temps qui leur est nécessaire !  2 jours, 7 jours, 15 jours … !
    •    Accès à la contraception d’urgence dans toutes les infirmeries scolaires sans autorisation parentale
    •    Elargissement des compétences des sages-femmes à la pratique de l’IVGm
    •    Et, pour la première fois, inscription d’un droit opposable : le droit à l’information sur tous les moyens de contraception et sur toutes les méthodes d’avortement.

    Cette reconnaissance de l’autonomie des femmes et de leur légitimité à choisir d’interrompre une grossesse non voulue, celle des jeunes à accéder à la santé sexuelle sans autorisation parentale va lever certains obstacles et favoriser les démarches autonomes de chacun-e pour exercer ces droits. Pour autant l’âge plancher éliminera des dispositifs les moins de 15 ans, peu nombreux, qui effectuent des démarches autonomes en matière de prévention et de soins en santé sexuelle.

    L’enjeu est maintenant de mettre en place les conditions pour accéder aux informations, aux services et aux soins, sur tous les territoires, dans de bonnes conditions  d’accueil et d’accompagnement et dans la proximité. Il s’agit de mettre en œuvre la loi avec des professionnel-les formé-es, et en s’appuyant sur toutes les ressources du territoire, dans une approche globale et positive de la sexualité qui facilite réellement le parcours de prévention et de soins en matière de santé sexuelle.

    Et de faire appliquer la loi, toute la loi, avec les moyens nécessaires !

    Reste à lever la « double clause de conscience » pour faire de l’IVG  un acte médical comme un autre,  et à affronter la question posée par toutes les femmes qui ne trouvent pas de réponse à une demande d’IVG en France.

    Les centres de planifications, les établissements d’information, les professionnelles et les bénévoles, tout.e.s les militant.e.s du Planning Familial continueront de poursuivre cet objectif.

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  • Suppression par l'Assemblée du délai de réflexion obligatoire préalable à une IVG

    Vendredi 10 Avril 2015

    Merci aux 40 députéEs (contre 22) d’avoir reconnu aux femmes un statut de personnes majeures qui n’ont pas besoin d’un texte de loi pour réfléchir à interrompre ou non une grossesse non prévue !

    Comme l’affirme le Planning Familial depuis plus de 40 ans, la prise de décision d’interrompre ou non une grossesse non prévue est de la seule responsabilité des femmes, seules expertes de leur vie pour décider.

    Comme la suppression de la notion de détresse en janvier 2014, ce vote pour  l’inscription dans la loi de la suppression du délai de réflexion entre deux consultations médicales permet aux femmes de faire leur choix éclairé en toute connaissance de cause et à leur rythme.

    L’IVG comme tout acte médical doit se faire dans de bonnes conditions,  sans jugement moral et avec des professionnel.le.s formé.e.s pour cela,  ce qui nécessite des moyens dédiés.

    Un dernier verrou persiste : la double clause de conscience pour les professionnels, spécifique à l’IVG : elle doit également être supprimée.

  • Après les départementales 2015 : plus que jamais pour un avenir solidaire

    Mercredi 01 Avril 2015

    Communiqué du collectif « Pour un avenir solidaire »

    Les résultats aux élections départementales confirment une forte défiance des citoyen-ne-s vis-à-vis de la représentation politique, notamment par l’importance de l’abstention et du vote blanc ainsi que par l’ancrage croissant des idées de l’extrême droite et de la droite extrême, construites autour du rejet de l’autre et du chacun pour soi.

    Cette situation dangereuse est en partie alimentée par des difficultés économiques et sociales croissantes, par des politiques qui nourrissent un sentiment d’abandon et d’injustice, par des alternances politiques qui, depuis trente ans, ne débouchent sur aucune alternative et semblent impuissantes à résoudre les problèmes d’emploi, de justice sociale et d’urgence écologique.

    Dans ce contexte difficile, l’extrême droite a beau jeu de multiplier les discours simplificateurs, les promesses abusives et des solutions qui sont aussi illusoires que dangereuses.

    On le vérifie quand elle met en œuvre ses idées dans les municipalités qu’elle a conquises : suppression des aides sociales pour les chômeurs, des subventions aux centres sociaux, tentative de mise au pas de la société civile, changement des noms de rue pour glorifier des militaires factieux en Algérie, instrumentalisation du mot laïcité contre les musulman-ne-s…

    Nous refusons cette marche vers la catastrophe. Car nous avons besoin d’espoir et de solidarité, d’un progrès garanti par l’accès aux droits de toutes et tous à tous les droits, permettant de s’attaquer aux inégalités, aux discriminations, aux discours de haine, d’exclusion, homophobes… Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui veulent y contribuer en portant haut les valeurs d’égalité et de dignité pour, et avec, toutes et tous.

    Des millions de personnes ont manifesté les 10 et 11 janvier pour refuser la violence et la haine, défendre la liberté et la fraternité. Le collectif « Pour un avenir solidaire » appelle à poursuivre et à développer cette mobilisation, à enraciner l’espoir, à faire souffler le vent d’une démocratie locale et nationale profondément renouvelée.

    Le collectif « Pour un avenir solidaire », animé par des associations d’éducation populaire, féministes, de défense des droits et des syndicats, invite l’ensemble de nos concitoyen-ne-s à s’investir dans le débat, à prendre des initiatives, à interpeller les politiques pour affirmer ensemble que la liberté, l’égalité et la fraternité sont plus que jamais les clés de l’avenir dont nous avons besoin, avec une politique qui les met en œuvre concrètement.

    Pour les soixante-dix organisations signataires, le comité d’animation :
    Ligue des droits de l’Homme, Ligue de l’enseignement, Céméa, Francas, Afev, Le Planning familial, Conseil national des associations familiales laïques, Solidarité laïque, CGT, FSU, Unsa…

     

  • Rétablissement du délit de racolage passif au Sénat: le tout sécuritaire et l’ordre moral contre les prostitués-es ?

    Vendredi 27 Mars 2015

    En réintroduisant le délit de racolage passif dans la loi sur la prostitution, les sénateurs donnent un coup d’arrêt brutal à une possible amélioration des conditions de vie des personnes qui se prostituent. L’abrogation de ce délit leur permettait d’entrevoir la fin de ces mesures iniques qui mettent chaque jour en danger leur sécurité en les condamnant à la clandestinité et à l’isolement, et leur santé, en les éloignant des structures de prévention et de soins. Elle les prive ainsi de droits humains fondamentaux.

    Les rapports et avis émis en France  (Rapport IGAS 2011, CNS, CNCDH...) depuis la mise en place de la loi LSI (loi de sécurité intérieur) en 2003 en démontrent les effets néfastes. En les faisant disparaitre d’endroits visibles dans l’espace public, elle a renforcé l’exposition des personnes qui se prostituent aux risques et violences de toutes sortes ainsi qu’aux IST, hépatites, grossesses non voulues et au VIH . Elle a participé à la dégradation de leur situation sociale, juridique, économique, sanitaire. Et n’a eu aucun effet positif sur la lutte contre les réseaux de traite.

    C’était d’ailleurs la conclusion de la commission spéciale du Sénat en 2014.

    C’est pourquoi la quasi-unanimité s’était faite autour de l’annonce de la suppression de ce délit de racolage passif: les personnes qui se prostituent, les associations qui travaillent à leurs côtés, des élus, et nombre d’institutions sociales et sanitaires avaient salué ensemble la fin de cette mesure injustifiable.

    Sa réintégration dans la loi est le signe d’une vision moraliste et contre-productive de la prostitution et une attaque indirecte et hypocrite contre des personnes qu’elle stigmatise.  Femmes, hommes, trans, hétéros, homos, migrants-es ou non, précaires ou moins précaires, toutes et tous subiront encore les effets pervers et dégradants de cette loi qui les fragilise au lieu de les protéger. C’est inacceptable ! 

    Nous défendrons aux côtés des personnes qui se prostituent leur accès à la santé, à la sécurité, à des papiers, à un accompagnement social personnalisé… bref, à la jouissance de ces droits humains qui sont fondamentaux et universels.

  • Prostitution : la pénalisation nuit gravement à la santé

    Mercredi 18 Mars 2015

    Le Planning Familial fait toujours sienne la position votée par son CA en juin 2011 et confirmée en congrès en octobre 2012 : "Le Planning Familial, mouvement féministe, agit et lutte pour participer à la construction d’une société égalitaire, sans marchandisation et sans violence. Cet objectif ne doit pas nous conduire à agir, ici et maintenant, en aggravant la situation des personnes concernées par cette marchandisation, les inégalités et les violences."  Convaincu par les réalités de terrain que les politiques de pénalisation, que ce soit celle pénalisant le racolage passif ou celle pénalisant les clients, n’auront d’autres conséquences que de fragiliser la situation des personnes qui se prostituent, il est signataire de l’appel rédigé  par les  acteurs de la santé qui agissent quotidiennement sur le terrain :


    Act Up-Paris - AIDES - ARCAT - AUTRES REGARDS - Médecins du Monde - Le Planning Familial – Les Amis du Bus des Femmes

    Les 30 et 31 mars prochains, la proposition de loi sur la prostitution sera examinée en première lecture au Sénat. Nous, associations de santé qui travaillons au plus près des prostituéEs, avons à maintes reprises alerté les parlementaires sur les risques sanitaires et les violations de droit que constituait ce texte pour les personnes concernées. Dans son avis rendu en juillet 2014, la commission spéciale du Sénat a entendu certaines de nos recommandations : elle a confirmé l'abrogation du délit de racolage et supprimé l'article 16, qui visait à pénaliser les clients. Si cet avis ne permet pas de dissiper nos inquiétudes sur le caractère globalement néfaste d’une loi spécifique sur la prostitution, il reconnaît néanmoins que pénaliser le racolage ou pénaliser les clients, c'est d'abord pénaliser les prostituéEs et entraver dangereusement leur accès à la santé et aux droits.

    Voté il y a douze ans jour pour jour, le délit de racolage a largement dégradé les conditions de santé et d'exercice des personnes qui se prostituent. Rejetées de l'espace public, moins accessibles aux associations de soutien et de prévention, elles sont aussi davantage exposées aux violences et aux risques, et moins en capacité de négocier des rapports protégés. Voilà le bilan d'un article de loi absurde guidé en 2003 par des préoccupations morales et sécuritaires.

    Or la pénalisation des clients répond aux mêmes postures idéologiques, ignorant délibérément la réalité de terrain et le vécu des personnes concernées. Tout laisse donc à penser qu'elle sera suivie des mêmes effets. Le "modèle" suédois, cité en référence par les partisans de la pénalisation, a d'ailleurs été vivement critiqué dans une série de publications du journal médical The Lancet  en juillet 2014. Qualifié de "pire modèle qui puisse exister" il s'est traduit par de graves violations de droits pour les personnes qui se prostituent et une exposition accrue aux violences et au VIH. Ce bilan est d'ailleurs parfaitement en phase avec les nombreux avis rendus ces dernières années par les institutions internationales (PNUD, OMS, ONUSIDA) ou françaises (CNS, IGAS, CNCDH).

    La Commission spéciale du Sénat a, elle aussi, fait valoir que la pénalisation des clients "serait inefficace pour lutter contre les réseaux et placerait les prostituées dans un isolement encore plus grand". Nous approuvons cette position et demandons aux parlementaires de la confirmer en séance.

    Nous appelons sénatrices et sénateurs à rejeter toute mesure coercitive ou stigmatisante à l'égard des prostituéEs. Nous les invitons à concentrer leurs efforts sur la lutte contre la traite et pour un accès inconditionnel aux dispositifs de droit commun d'accompagnement social et sanitaire.

    Ne sacrifions pas la santé et la sécurité des personnes concernées par la mise en place de mesures répressives dont elles seraient à nouveau les premières victimes.


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  • ONU 2015 : pour une vraie politique internationale des droits des femmes !

    Lundi 09 Mars 2015

    Vingt ans après la 4e conférence mondiale sur les droits des femmes, les Etats sont attendus à l’ONU. La France devrait saisir cette occasion pour porter sur la scène internationale son engagement affiché pour les droits des femmes.

    Du 9 au 20 mars prochain, les représentants-es des Etats du monde entier vont se réunir à New-York lors de la 59e session de la CSW (Commission de la condition de la femme). Ils examineront les progrès réalisés depuis la conférence de Pékin de 1995, lors de laquelle ils avaient signé un programme d’action en faveur de l’égalité des sexes. Ils s’étaient notamment engagés à garantir l’accès à l’éducation et à l’information en matière de sexualité et à revoir les sanctions existantes contre les femmes en cas d’avortement. Ils avaient également affirmé que les femmes étaient « maîtresses » de leur sexualité – une première !

    Vingt ans plus tard, que reste-t-il de cette conférence historique ? Dans de nombreux pays, le programme d’action a inspiré des politiques qui ont amélioré la vie des femmes, mais les progrès sont insuffisants et nombre de promesses sont restées lettres mortes. L’accès à l’avortement, soigneusement écarté des débats internationaux, est toujours contesté dans des pays aussi proches que l’Irlande, Malte, la Pologne, l’Espagne ou Chypre. Quant à l’éducation à la sexualité, elle est devenue le nouveau cheval de bataille des réactionnaires en tous genres, en France mais aussi en Allemagne, où l’on voit des groupes de « Parents inquiets » demander la fin des séances dans les écoles.

    Porter une parole forte pour les droits des femmes

    Conscient des progrès qu’il reste à réaliser, Le Planning Familial organise un évènement le lundi 9 mars à New-York sur l’éducation à la sexualité, en parallèle de la CSW. Il réunira Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat aux droits des femmes, ainsi que des intervenants-es de l’OMS, du FNUAP et de l’IPPF. La France, qui s’est distinguée par ses mesures récentes en faveur du droit à l’avortement, devra poursuivre ses efforts à l’international et prendre une position forte et assumée pour l’accès à l’éducation à la sexualité dans le monde. Il s’agit d’un droit humain et d’un enjeu crucial pour l’autonomie des femmes et l’égalité des sexes.

    Informations pratiques :

    Education à la sexualité : tremplin vers l’émancipation et l’égalité

    Exemple dans trois pays. L'éducation à la sexualité en pratique ?
    -    Pascale BOISTARD – Secrétaire d’Etat aux droits des femmes – France
    -    Représentant-e du gouvernement d’Afrique du Sud (à confirmer)
    -    Elke FERNER - secrétaire d’État au ministère de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse – Allemagne


    Les enjeux d'une éducation à la sexualité intégrée pour l'Égalité et l'Émancipation.
    -    Fédération international du Planning Familial – IPPF
    -    Fonds des Nations-unies pour la Population – FNUAP 
    -    Organisation mondiale de la santé – OMS

    Lundi 9 mars, 11h30 – 12h45
    ECOSOC Chamber, Conference Building, Nations-Unies, New-York

    Mise à jour lundi 9 mars à 12:11 : évènement organisé en partenariat avec Equipop.

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