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Archives des communiqués de presse de l'année 2012

Sale temps pour la pilule ! Vers un tout sauf la pilule ?

Mardi 18 Décembre 2012

Le Planning Familial s’inquiète des retombées médiatiques qui, en s’appuyant sur des accidents dramatiques, jettent un discrédit sur toutes les pilules, avec le risque de faire peur aux utilisatrices.

Ces messages partiels n’évoquent à aucun moment les conséquences d’un arrêt brutal de contraception et de ses effets, et omettent toujours de mentionner les risques thrombo-emboliques plus importants liés à la grossesse : l’information doit être complète et objective. Le risque zéro n’existant malheureusement pas.

L’annonce du déremboursement des pilules de 3ème génération prise en octobre dernier par la ministre de la santé avait semé le trouble par son ambiguïté. Soit cette génération de pilules est dangereuse et elle doit être retirée du marché, soit ce n’est pas le cas et le service médical rendu est intéressant alors elles doivent être accessibles à toutes et remboursées. Il faut une position claire, cohérente et rassurante !

Le choix d’une contraception est un droit fondamental que les femmes doivent pouvoir l’exercer librement et de façon éclairée, quelle que soit leur situation. Le choix de la contraception adaptée est un élément de ce droit et il doit se faire de manière égalitaire quelles que soient ses ressources, loin des intérêts commerciaux des laboratoires pharmaceutiques dont on connaît la puissance marketing auprès des prescripteurs.

Exercer ce droit aux choix contraceptif suppose :

  • Que les professionnels de santé -notamment prescripteurs- soient réellement formés par une formation initiale et continue tant sur les différentes méthodes, leurs avantages et inconvénients que sur l’écoute.
  • Que les femmes et les hommes, jeunes et adultes soient informés sur les bénéfices et risques de chaque méthode (pilule, patch, anneau, DIU, implant, préservatifs, injections, contraception définitive...) par des campagnes d’information régulières aux messages clairs comme sur l’existence des lieux ressources
  • Que l’ensemble des méthodes contraceptions soient remboursées.

L’accès à l’information complète en toute transparence est une responsabilité de l’Etat et la condition nécessaire d’un choix éclairé de la meilleure contraception, celle que l’on choisit librement.

Ne tombons pas dans le piège de l’injonction contraceptive : après le tout pilule, tout sauf la pilule !

Pourquoi nous défendons le mariage entre personnes de même sexe et serons dimanche dans la rue (même si le mariage ne nous fait pas rêver !)

Mercredi 12 Décembre 2012

Le déferlement de propos et arguments haineux, méprisants et autres procès à l’encontre des homosexuels-les ne cesse de nous surprendre tant il révèle des amalgames proprement révoltants.

Ils témoignent, dans un contexte social où les enjeux de l’égalité entre femmes et hommes, entre homosexuels-les et hétérosexuels-les sont enfin sur le devant de la scène, de la difficulté à penser la société en termes d’égalité des droits et non de hiérarchisation de valeur des individus qui la composent.

En refusant aux personnes de même sexe ce droit au mariage, les opposants font ce pas de côté considérant, voir justifiant, cette inégalité d’accès aux droits comme une réponse à une sexualité différente vue comme un danger au regard de la norme hétérosexuelle.

Car en attribuant à l’hétérosexualité, le monopole de la sexualité légitime, on justifie par avance, une inégalité des sexes et des sexualités stigmatisant et renvoyant à la marge de la société toutes celles et ceux qui ne la respecteraient pas.

Mais au-delà du mariage –qui rappelons-le- n’est que civil dans notre République, se pose le deuxième volet de cette injonction : la légitimité et la capacité d’un couple homosexuel à être parent au nom du besoin qu’aurait un enfant d’un père et d’une mère. Celles et ceux qui s’y opposent y voient une désagrégation de la famille et un risque pour l’équilibre psychologique des enfants. La diversification des configurations et des parcours familiaux témoignent que le schéma classique de la famille « papa, maman et les enfants » relèvent désormais de l’image d’Epinal, bien loin de la réalité.

Et de quel père ou de quelle mère parlons-nous ? En s’enfermant dans le primat du lien biologique au détriment du lien affectif et social, les opposants-es au mariage des couples de même sexe font de ce lien biologique l’alpha et l’oméga de l’intérêt des enfants. Pour autant, si la Convention internationale des droits de l’enfant précise que « les enfants ont le droit de connaître leurs parents et d’être élevé par eux » il n’y est nul fait mention de la nature dudit lien entre enfants et parents. Depuis quand cette capacité à être parent, à élever un enfant, dépendrait-elle de l’orientation sexuelle ?

Nous soutenons donc ce projet de loi tout en demandant qu’il aille plus loin et qu’il n’abandonne pas la promesse d’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) réservée aujourd’hui aux seuls couples hétérosexuels, une inégalité sociale dans l’accès à la parentalité pour les couples lesbiens. Qu’il n’abandonne pas également la « présomption de parenté » pour l’enfant né dans un couple marié qui garantit la reconnaissance de la filiation. Et quid des familles fondées en-dehors du cadre strict du mariage ? Quid de l'adoption par les couples pacsés-es ou en concubinage ?

Parce que nous :

  • Déplorons l’intrusion du religieux dans le débat, l’immobilisme et les amalgames faits
  • Combattons la hiérarchie des sexualités
  • Soutenons l’ouverture des droits au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe mariés, pacsés ou en concubinage, comme la PMA pour les lesbiennes


Nous serons présents-es dimanche 16 décembre dans la rue et appelons à participer à cette manifestation pour qu’enfin different-e ne signifie plus inegal-e.


1er déc - Journée internationale de lutte contre le sida. Zéro pointé quant à la prise en compte des besoins spécifiques des femmes !

Mardi 27 Novembre 2012

La déclaration de clôture de « AIDS 2012 » en juillet à Washington DC n’a pas fait la part belle aux enjeux de prévention ou de prise en charge concernant les femmes. Seul l’accès généralisé à la prévention mère enfant est cité les concernant. Cela confirme que les femmes restent vues sous le prisme de leur fonction de mère, constituant un véritable scandale dans un contexte de féminisation de l’épidémie.

Le rapport d’ONU SIDA 2012 fait état d’une baisse de 20% de nouvelles contaminations depuis 2001, mais les taux d’infection chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont deux fois plus élevés que chez les hommes d’une même classe d’âge et 63% des jeunes vivant avec le VIH sont des jeunes femmes. Le VIH est la principale cause de décès des femmes en âge de procréer ! Alors que l’épidémie de Sida se nourrit des inégalités femmes/hommes et des violences à l’encontre des femmes, aucune mobilisation pour faire avancer leurs droits tant politiques, économiques que sociaux ou pour faire reculer les violences n’est inscrite à l’agenda des organisations internationales ou dans les politiques publiques de lutte contre le Sida au niveau national comme international.

Pourtant, depuis 20 ans, l’expérience de la lutte contre le Sida a montré le lien fort entre statut social et exposition au risque. La lutte contre la pénalisation de l’homosexualité, la répression de la prostitution ou de l’usage de drogue, font partie des combats connus comme indispensables à la lutte contre les contaminations et pour améliorer la prise en charge.

Deux poids deux mesures donc qui signifient que l’amélioration du statut social des femmes et le combat pour l’égalité ne sont pas à l’ordre du jour ! Deux poids deux mesures également sur l’investissement de la recherche et des politiques publiques !

Quelles alternatives sont offertes aux femmes concernant les outils de prévention ? Selon les résultats de l’essai Caprisa, l’utilisation d’un gel microbicide permettrait la diminution de la transmission de 39 à 50% selon l’observance. Pourquoi aucune réflexion n’est-elle donc engagée sur l’utilisation de cet outil de prévention notamment dans des situations d’exposition particulièrement forte pour les femmes, comme c’est le cas pour d’autres outils de prévention ? Est-ce que les femmes, si les résultats intéressants se confirment, pourront voir un accès rapide et facilité à l’anneau vaginal + antiviral ?

Quels liens sont-ils faits entre contraception et VIH pour les femmes en général et les femmes séropositives en particulier ? Certains essais font état d’un risque d’augmentation de la contamination au VIH pour les femmes et de l’augmentation de la transmission pour les femmes séropositives sous contraceptif injectable amenant l’OMS à proposer à ces femmes d’utiliser, en plus de cette contraception, un préservatif. Outre que cette recommandation a de fortes chances de rester lettre morte, aucune mobilisation n’est lancée pour que soient menées très vite des études complémentaires validant ou invalidant cette hypothèse forte. En attendant, les femmes doivent être informées et avoir accès à d’autres méthodes de contraception pour un réel choix.

Prise en charge, le compte n’y est toujours pas !

Dans la plupart des essais cliniques, la sous-représentation des femmes ne permet pas de disposer de données suffisantes sur l’existence d’effets indésirables spécifiques aux femmes. Le Planning Familial fait sien le plaidoyer d’Act-Up auprès de Marisol Touraine, "pour la parité dans les essais soumis à autorisation de l'ANSM" (Agence Nationale de Sécurité Médicale).

Non seulement les femmes doivent avoir accès à l’information, à des outils de prévention, au dépistage, au traitement mais elles doivent également être partie prenante des orientations et des décisions prises. Il faut mettre à l’agenda national et international les besoins des femmes quel que soit leur statut ! Il y a urgence.

Journée internationale contre les violences faites aux femmes, la société doit reconnaitre la légitimité de ce combat

Mercredi 21 Novembre 2012

Années après années, journées après journées, les violences envers les femmes sont toujours aussi prégnantes et les résultats tardent à venir.

Certes les moyens financiers ne sont pas à la hauteur des besoins et il est grand temps de prendre la mesure des efforts à faire dans le domaine de l'hébergement, de la formation des professionnels et de la prévention. Mais est-ce suffisant ?

Pourquoi nos sociétés, malgré les plans triennaux, campagnes et lois peinent-elles tant à lutter contre les agressions et violences sexuelles, psychologiques ou verbales à l’encontre des femmes quand ce ne sont pas des crimes commis ?

La réponse est dans l’incapacité à sortir de la seule -mais essentielle- responsabilité individuelle des auteurs pour enfin considérer la responsabilité collective de sociétés toujours fondées sur des relations inégalitaires entre les sexes, sur la domination du masculin sur le féminin. C’est un construit social qui a des conséquences sur les comportements individuels, sur les rapports sociaux et politiques.

Il faut donc en tirer les conséquences. Il est indispensable d’accompagner les personnes victimes, de punir les auteurs de violences et de leur proposer des espaces de réflexion mais il est aussi grand temps de considérer que cette lutte contre les violences faites aux femmes doit aller au-delà de « l’homme auteur de violences et responsable de ses actes et des femmes réduites au seul statut de victimes » et ne peut faire l’économie d’une politique globale d’égalité entre les femmes et les hommes.

La lutte contre les violences passe donc par cette politique globale cohérente coordonnée qui doit s’exercer dès le plus jeune âge sur la place des filles et des garçons, les assignations au masculin et au féminin dans nos sociétés mais aussi par la formation des personnels de l’éducation, de l’animation, de la justice, de la police ; l’accompagnement des personnes victimes ; la prise en charge et le suivi des auteurs.

Nos sociétés se grandiraient à reconnaître, dans la vie personnelle, professionnelle ou politique, la légitimité des femmes à refuser propos, attitudes et violences en raison de leur sexe portant atteinte à leur intégrité et à être entendues lors de leur saisie des juridictions appropriées.

Lettre ouverte à l'Ambassadeur d'Irlande, Avortement, la loi doit être modifiée

Mardi 20 Novembre 2012

Suite au décès récent d'une femme en Irlande, causé par le refus de l'hôpital de pratiquer un avortement, un appel à mobilisation a été lancé par des associations Iralndaises.

Une lettre ouverte, à l'initiative du Planning Familial et signée par 27 organisations*, a été adressée à l'Ambassadeur d'Irlande à Paris, le mardi 20 novembre dans le cadre de la journée d'action européenne du 21 novembre pour demander un changement de législation sur l'avortement (autorisé pour l'instant uniquement en cas de risque grave pour la vie de la femme).

 

Ambassade d’Irlande

Paris, le 20 novembre 2012

Monsieur l’Ambassadeur,

Nous, organisations de la société civile, vous écrivons pour vous exprimer notre consternation à propos de la mort récente de Savita Halappanavar, suite au refus de l’hôpital universitaire de Galway de répondre à sa demande d’interruption de sa grossesse. Cette affaire tragique démontre une fois encore que l'interdiction de l'avortement en Irlande est non seulement une atteinte à l'autonomie des femmes, mais qu’elle conduit à des souffrances inacceptables et même à la mort.

La situation de Savita Halappanavar fournit la preuve la plus évidente que les lois qui n’autorisent l'avortement que pour sauver la vie d'une femme, telle que la loi irlandaise le prévoit, sont médicalement inefficaces et éthiquement inacceptables. Il existe de nombreuses situations cliniques dans lesquelles un risque grave pour la santé d'une femme enceinte peut devenir un risque pour sa vie. Retarder l’adoption de mesures d'urgence ne fait qu'augmenter ce risque. Les médecins devraient au minimum être habilités par la loi à intervenir pour des raisons de risque pour la vie et pour la santé de la femme.

Vous n’êtes pas sans savoir que la Cour Européenne des Droits de l'Homme, ainsi qu'un certain nombre d'organismes des Droits Humains des Nations Unies, ont appelé le gouvernement irlandais à mettre sa législation sur l'avortement en conformité avec les normes internationales des droits de l'Homme. Si ces appels avaient été entendus, le décès de Savita Halappanavar aurait pu être évité.

Avec la mort de Savita Halappanavar, l'Irlande rejoint les rangs des pays du monde où l'avortement est refusé aux femmes et conduit à leur mort.

Nous demandons instamment à votre gouvernement de prendre des mesures urgentes et décisives pour réformer la législation sur l’avortement, non seulement pour des raisons de santé publique mais aussi parce que l’avortement est un droit fondamental des femmes à disposer de leur corps.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de notre très haute considération.

 

Liste des organisations signataires :

Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes (ANSFO) / Adh’Elles - Maison des associations/ Association nationale des études féministes (ANEF) / Association « Si les femmes comptaient » / Citoyennes Maintenant / Collectif des Associations pour le Droit à l’Avortement et la Contraception (CADAC) / Collectif National des Droits des Femmes (CNDF) / Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures » / Collectif Tenon / Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF) / Coordination liégeoise de la Marche Mondiale / Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL) / Commission Droits des femmes/Féminisme du Parti communiste / Femmes Solidaires / Femmes libres – Radio Libertaire / Fédération des Centres de Planning Familial des Femmes Prévoyantes Socialistes / Le Planning Familial / Lesbiennes of Colors (LOCs) / Maison des Femmes de Montreuil / Marche Mondiale des Femmes – Section française / Mouvement Jeunes Femmes / Osez le Féminisme ! / Parti de Gauche / Réseau féministe Ruptures / Réseau « Encore féministes ! » / SOS Sexisme / Socialisme et Féminisme

* Ont rejoint les signataires depuis l'envoi : La Gauche Unitaire, ECVF, la FIDH, Paroles de Femmes Massy et les efFRONTé-e-s

Non, le prochain commissaire européen à la santé ne peut pas être opposé aux droits sexuels & aux droits des femmes !

Mercredi 14 Novembre 2012

L’Union Européenne se prépare à élire le futur commissaire européen à la santé en remplacement de John Dalli. Le gouvernement Maltais a proposé M. Tonio Borg à la tête de cette commission.

Pour Le Planning Familial, à l’instar de nombreuses ONG européennes, l’Europe ne peut se permettre une telle dérive. En effet, M. Tonio Borg, membre du parti nationaliste maltais, est connu pour ses prises de position ultra conservatrices sur les droits des femmes, l’avortement, le divorce et l’homosexualité.

Ancien ministre de la justice et l’intérieur, il fait partie des 11 députés opposés au divorce en 2011, a soutenu le changement constitutionnel maltais pour la reconnaissance de la vie dès la conception avec des positions très dures en direction des femmes ayant recours à l’avortement, le refusant même en cas de malformations graves du foetus. Quant à l’homosexualité, il s’y oppose publiquement avec la plus grande vigueur !

Comment imaginer qu’une commission dont les missions touchent à la santé publique, avec l'accès aux soins, la discrimination face aux soins de santé; les populations à risque, la recherche en santé, les inégalités de santé vécues par les mères ou les homosexuels, la contraception, les maladies sexuellement transmissibles et les campagnes de prévention et de santé ou l’accès à l’éducation puissent être confiés à la frange la plus réactionnaire de l’Europe ?

Les parlementaires européens et les gouvernements ne doivent pas se laisser abuser par :

  • l’affirmation que ses positions sont relatives au seul contexte maltais car au-delà de la santé et des soins, il s’agit du ton des orientations politiques sur des sujets sociétaux donné par l’Union aux Etats membres
  • son approbation de la charte des droits fondamentaux car les droits sexuels et reproductifs n’y sont pas explicitement intégrés !
  • la théorie du complot invoqué par ses défenseurs, manipulant les ONG et parlementaires.

Lors de son audition le 13 novembre par les responsables des groupes politiques, M. Tonio Borg a affirmé qu’il n’abandonnerait pas ses positions. En dépit des concessions faites hier sur les droits LGBT, M. Borg peut penser ce qu’il veut en tant que personne, pour autant son élection à la tête de la commission signifie donner aux mouvements conservateurs et rétrogrades une tribune à l’opposé de ce à quoi nous aspirons, en tant que citoyenNEs, pour les peuples européens.

Le Planning Familial alerte donc avec la plus grande énergie l’ensemble des parlementaires européens français, au-delà des clivages politiques, à prendre leurs responsabilités, pour qu’ils s’opposent fermement à la présence de M. Borg à la tête de la commission lors du vote qui aura lieu prochainement. Le Planning Familial les invite également à discuter avec leurs homologues étrangers sur les conséquences d’une telle élection

Le Planning Familial alerte également les parlementaires français et notre gouvernement sur les conséquences de l’application en droit français des directives proposées en cas d’élection de M. Borg et ce, même si la santé reste une compétence des Etats.

Rapport de l’UNFPA 2012 sur la planification familiale « oui au choix, non au hasard »

Mercredi 14 Novembre 2012
Rapport de l’UNFPA  2012 sur la planification familiale « oui au choix, non au hasard »

Contrairement à l’adage, le hasard ne fait pas bien les choses.

Le rapport de l’UNFPA « Etat de la population mondiale 2012 » rendu public aujourd’hui rappelle, chiffres à l’appui, combien l’accès aux services et produits de la planification familiale est un enjeu essentiel pour permettre à toutes les femmes dans le monde d’exercer leurs droits propres en matière de santé sexuelle.

D’année en année, le constat est le même, la santé sexuelle et reproductive – selon le terme consacré- est et reste le parent pauvre des politiques de développement, les femmes et les filles en étant les grandes oubliées !

Le contexte international, la montée des conservatismes et la crise économique ne doivent ni justifier ni freiner les initiatives et mesures en faveur de l’accès aux services de planification et aux produits contraceptifs, permettant à chaque personne d’exercer ce droit de choisir.

En effet, tous les adultes, tous les adolescents, tous les jeunes sans distinction de sexe, de statut social ou de lieux de résidence, doivent pourvoir décider librement et de manière responsable si, quand et combien ils souhaitent d’enfants.

Face aux 80 millions de grossesses non souhaitées dont 50% se termineront par un avortement clandestin aux conséquences sanitaires dramatiques pour les femmes ; face aux 222 millions de femmes qui n’ont pas accès aux informations, services et produits de planification familiale, seuls une volonté politique réaffirmée et des apports financiers conséquents permettront à toutes et à tous d’exercer ces droits.

Comment expliquer l’absence d’avancées, si ce n’est par le refus d’un changement de la place des femmes dans la société ? On sait pourtant que la planification familiale permet de réduire la mortalité maternelle et infantile, d’améliorer l’accès aux études des filles et de lutter contre la pauvreté et que cela bénéficie à toute la communauté.

Il manque aujourd’hui 3,5 milliards de dollars par an (sur les 8,1 estimés) pour couvrir ces besoins avec une démographie croissante de plus de 120 millions de femmes et de filles d’ici 2020.

 Face à l’alerte lancée par l’UNFPA, Le Planning Familial demande donc au gouvernement français, de :

  • développer plus encore son soutien financier aux politiques et projets de développement prenant en compte l’approche de genre et la planification familiale
  • promouvoir le droit à la planification familiale et l’accès à l’avortement par des prises de position publiques fortes dans les instances internationales et par tous les moyens diplomatiques à sa disposition
  • lutter fermement et sans relâche contre les obstacles idéologiques, économiques, sociaux, logistiques et financiers

Le Planning Familial réaffirme à cette occasion que l’accès à l’information, à l’éducation à la sexualité pour les filles et les garçons y compris dans une perspective de déconstruction des rapports sociaux de sexes, au Nord comme au Sud, ici comme ailleurs doit être considéré comme un droit fondamental.

Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

Mercredi 24 Octobre 2012

Madame la Ministre,
Nous avons eu la surprise d'apprendre votre projet d'amendement au PLFSS 2013 sur la contraception des mineures. La contraception gratuite et confidentielle pour TOUTES LES MINEURES, en centre de planification, c’est un droit déjà inscrit dans la loi depuis 1974 et sans limite d’âge !
Mais c’est vrai, il n’existe pas à ce jour suffisamment de centres de planification, notamment en milieu rural et en zone périurbaine.... elle est donc loin d’être accessible dans de bonnes conditions partout en France, par manque de structures!
La véritable difficulté aujourd’hui, est donc de se la procurer de façon gratuite et anonyme quel que soit l’endroit où l’on vit, et sans avoir besoin de la carte vitale de ses parents ! Cela concerne toutes les mineures, mais aussi tous les jeunes au-delà de 18 ans qui n’ont pas de couverture sociale autonome, ou qui n’ont pas de mutuelle, ou qui veulent garder la confidentialité. Il est donc essentiel pour ces jeunes de se procurer la contraception qui leur convient le mieux, sans obligation d’en parler à leurs parents !
Il est donc nécessaire de développer l’accès à une contraception choisie, gratuite et anonyme pour tous les jeunes qui en ont besoin, sur l’ensemble du territoire français : des solutions existent, Madame la Ministre !
Pour cela, il est dès aujourd’hui possible de mettre en place des réseaux de professionnels de proximité, (médecins, sages-femmes, conseillères, pharmaciens, infirmières...) sur tous les territoires, en s’appuyant sur les coopérations entre ces professionnels formés et volontaires et en lien avec les centres de planification existants.
Faciliter l’accès à la contraception pour tous les jeunes, c’est d’abord reconnaître la sexualité de tous les jeunes, sans limite d’âge. C’est rendre effectif le droit à l’information et à l’éducation à la sexualité pour tous les jeunes. C’est faciliter l’accès à une contraception choisie, sans jugement ni tabou, auprès de professionnels formés à l’accueil des jeunes. Enfin, c’est inscrire la contraception et l’IVG comme thématiques prioritaires en termes de droits et de santé publique dans toutes les politiques de territoire, en ville, en péri-urbain et en rural.
Pour le Planning familial, il n’est pas question aujourd’hui de restreindre l’accès à une contraception gratuite et anonyme aux 15-18 ans, ou de limiter à tel ou tel contraceptif mais bien de l’étendre à tous les jeunes qui en ont besoin, mineurs ou majeurs, filles ou garçons, et de favoriser l’accès à toutes les formes de contraceptions, pour permettre un choix adapté au mode de vie de chaque jeune.
Madame La Ministre, nous espérons que « l’accès gratuit et anonyme de tous les jeunes à l’information et aux différents modes de contraception sera garanti », comme François Hollande s’y était engagé lors de la campagne présidentielle. Nous y veillerons.
Dans l’attente, recevez, Madame la Ministre, nos meilleures salutations.
Pour Le Planning Familial,
Carine Favier, Présidente

L’Egalité des droits pour toutes et tous n’est pas négociable !

Mardi 23 Octobre 2012

Le Planning Familial, lors de son 28ème Congrès les 19, 20 et 21 octobre a tenu à réaffirmer son engagement pour une égalité de droits pour toutes et tous, et déplore l’intrusion du religieux dans le débat et les amalgames scandaleux que certains n’hésitent pas à faire. Ci-dessous la motion adoptée.

 Neuf ans après le Pacte Civil de Solidarité (PACS) adopté à l’arrachée après beaucoup de guerres d’experts, de mobilisations sociales et d’un marathon parlementaire très conflictuel, les couples homoxuels-les attendent avec impatience les mesures ouvrant droit au mariage et à la parentalité pour les couples du même sexe.

Car la question de la légitimité et de la capacité d’un couple homosexuel-le à être parent fait débat actuellement dans la société. Ceux et celles qui s’y opposent y voient une désagrégation de la famille et un risque pour l’équilibre psychologique des enfants. Pourtant la capacité à être parent ne dépend pas de l’orientation sexuelle et même si ces familles n’ont pas d’existence juridique, on estime le nombre d’enfants vivant dans des familles homoparentales à près de 300 000.

Le texte de loi doit être présenté fin octobre au Conseil des Ministres. Comme prévu, le projet de loi prévoit l’ouverture du  mariage pour les couples de même sexe, via l'article 143 du code civil, rédigé ainsi : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe ». Cette ouverture permet d’instaurer aussi le droit à l'adoption pour les couples homosexuels-les qui seront mariés-es (adoption simple ou plénière). Les références essentialistes et hétérosexuelles du code civil sont enfin gommées on ne parlera plus de l' « homme » et la « femme », le « père » et la « mère » deviennent « époux » et « parents ».

Si nous partageons l’avancée de ce projet nous nous indignons de l’abandon d’une promesse forte de campagne de François Hollande : l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA). Cette aide est aujourd’hui uniquement réservée aux couples hétérosexuels. Les couples lesbiens sont ainsi obligés d’aller à l’étranger entrainant de fait une inégalité sociale d’accès à la parentalité.

Par ailleurs nous soutenons la demande des associations homoparentales de « présomption de parenté » pour l’enfant né dans un couple marié, aujourd’hui absente du texte et qui garantit, comme la « présomption de paternité » dans les couples hétérosexuels, la reconnaissance de la filiation.

Enfin, l'avant-projet ne prévoit aucune réflexion sur les familles fondées en-dehors du cadre strict du mariage. Quid de l'adoption par les couples pacsés ou en concubinage ?

Le Planning Familial réunit lors de son 28ème Congrès

  • Déplore l’intrusion du religieux dans le débat et les amalgames : non l’homosexualité et l’homoparentalité ne peuvent pas être comparées à la pédophilie, la polygamie ou l’inceste !
  • Combat la hiérarchie dans les sexualités qui s’appuie sur la norme hétérosexuelle
  • Soutient l’ouverture des droits au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels-les mariés, pacsés ou en concubinage, ainsi qu’à la PMA pour les lesbiennes

26 et 28 septembre 2012, journées internationales pour le droit de choisir d'être mère... ou pas

Mardi 25 Septembre 2012

26 septembre 2012, journée mondiale de la contraception ; 28 septembre, journée internationale d’actions pour l’accès à l’avortement. Deux facettes d’un seul et même droit, celui du choix des femmes, de leur l’autonomie et de leurs droits à la maitrise de leur fécondité ! Des droits fondamentaux et universels ? Vraiment ?

Pour Le Planning Familial ces droits sont indissociables, c’est le choix des femmes à maîtriser leur fécondité, à décider d’être enceintes ou pas, mères ou pas.

En France, grâce aux luttes menées, l’accès à la contraception et à l’avortement est légal mais l’injonction de réussite contraceptive vire au tabou absolu pour l’avortement. En témoigne la culpabilisation de celles « échouant » à cette injonction et qui décident de ne pas poursuivre leur grossesse !

Une hypocrisie internationale. 215 millions de femmes dans les pays en voie de développement n’ont toujours pas accès aux services de planification familiale et une femme meurt toutes les 8 minutes des suites d’un avortement clandestin faute d’un accès aisé à la contraception et à un avortement sûr et légal.

Les textes ne manquent pourtant pas ! De la conférence du Caire en 1994 aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), tous les textes, toutes les déclarations reconnaissent l’importance pour les femmes d’accéder aux services de planification familiale et à l’avortement de manière sûre et légale. De l’ONU en 1999, pour qui  « l'interdiction de l'avortement viole les droits de la personne humaine. Le droit au libre choix doit sauver des vies » au Parlement de l’Union Européenne déclarant en mars 2011 que « l'Union européenne et les États Membres doivent garantir aux femmes un accès aisé aux moyens de contraception ainsi que le droit à un avortement sûr » mais rien ne bouge vraiment.

Et en France, en Europe et dans le monde, les droits des femmes à disposer de leur corps sont toujours malmenés. La loi de 2001 française n’est pas vraiment appliquée: éducation à la sexualité laissée au bon vouloir des équipes éducatives, accès à la contraception temporaire ou définitive très mal remboursée ou refusée, manque de lieux d’accueil pour les jeunes sur les territoires… Quant à l’avortement, les restructurations hospitalières réduisent comme « neige au soleil » les possibilités d’accès aux centres IVG… Une liste de dysfonctionnements trop longue pour notre pays qui vient de se doter d’un Ministère des Droits des femmes et qui se veut progressiste !

La Pologne, l’Irlande et Malte interdisent toujours l’avortement ; l’Espagne, la Hongrie, la Russie, la Suisse envisagent d’en restreindre l’accès ou de ne plus le rembourser. Aux USA comme en Europe, les anti-choix veulent renforcer la clause de conscience, prônent l’abstinence, attaquent les centres pratiquant les avortements ou font voter la reconnaissance du fœtus comme personne juridique… De nombreuses femmes migrent alors dans l’indifférence générale pour mettre fin à une grossesse non voulue mais elles le paient au prix fort !

Ces freins, obstacles, tabous et régressions autour de la sexualité des femmes, des hommes et particulièrement celle des jeunes cachent mal la difficulté de nos sociétés à reconnaître ce droit aux femmes de choisir quand et si elles veulent devenir mères.

Garantir à toutes et tous information, choix, droit, et accès en toute sécurité et sans jugement à toutes les méthodes de contraception et à l’avortement, ici et là-bas est un combat universel ! Les droits sexuels sont des droits fondamentaux et au-delà d’une question prioritaire de santé publique, il s’agit bien d’autonomie, de liberté, d’indépendance, dans le respect des différences.

Ce combat, Le Planning Familial le poursuit en France, en Europe et dans le monde avec l’IPPF et ses associations partenaires pour que s’appliquent enfin ces droits fondamentaux pour les femmes et les hommes partout et dans tous les pays, où qu’ils soient !