Acceptabilité d'une "pilule masculine"
La mise au point d'une nouvelle méthode de contraception impose de savoir
si elle sera acceptée par les utilisateurs potentiels. L'avis des hommes
et des femmes sur la contraception hormonale masculine a été étudié
en interrogeant la population d'Édimbourg en Écosse.
Plus de 80% des 450 hommes et 450 femmes interrogés pensaient que la
responsabilité de la contraception revient trop souvent à la femme
et 83 % des hommes qu'une pilule masculine serait une forme de contraception
pratique, facile à utiliser et efficace.
Une nette majorité (66 %) des hommes déclaraient qu'ils utiliseraient
une pilule masculine et tant les hommes que les femmes préféraient
la pilule aux formes injectables ou implantables de contraception hormonale
masculine.
Seulement 3 % des femmes estimaient que la contraception hormonale masculine
n'était pas une bonne idée, la raison invoquée étant
le manque de confiance dans le partenaire.
Une majorité (69 %) des femmes disaient que leurs partenaires et elles-mêmes
utiliseraient ou envisageraient d'utiliser une contraception hormonale masculine
si elle était disponible à ce jour et 76 % que leurs partenaires
l'utiliseraient à l'avenir si elle était sûre et fiable.
Les femmes jeunes étaient légèrement plus favorables à
la contraception hormonale masculine que les mères de famille plus âgées,
alors que, chez les hommes, les plus âgés y étaient le plus
favorables.
Tant les hommes que les femmes exprimaient avec force l'avis que les choix de contraception devaient être définis en commun, reconnaissant ainsi la responsabilité de l'homme.
L'opinion sans équivoque des hommes et des femmes sur la contraception
hormonale masculine montre le réel besoin de développer ces méthodes,
même dans une société où il existe un large évantail
de choix contraceptifs.
Les données scientifiques indiquent que les problèmes inhérents
à ces méthodes sont bien compris, malgré l'insuccès,
jusqu'ici, à mettre au point une méthode alliant l'efficacité
contraceptive et l'innocuité sous une forme acceptable.
Le point le plus critique est l'inadaptation des formulations actuelles de testostérone
et la nécessité soit d'une forme parentérale d'androgènes
faciles à administrer et à longue durée d'action, soit
d'une forme orale ou transdermique sûre, puissante et peu coûteuse.
Ceci demandera une plus grande implication de l'industrie pharmaceutique aux
côtés des organisations non gouvernementales, qui ont jusqu'à
présent fourni l'essentiel de l'aide à la recherche dans ce domaine.