questions de sexualité
Contraception
Les préservatifs

Synthèse de la recherche sur le préservatif féminin -- Fiche nº 1

Aperçu sur le préservatif féminin : état de la recherche et de l'argumentation

Le rôle du préservatif féminin est double : il protège à la fois contre la grossesse et contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Il représente une possible alternative au préservatif masculin et les femmes peuvent sans doute en exiger l'usage plus facilement de leur partenaire.

Durant les 10 dernières années, les travaux de recherche sur le préservatif féminin et les efforts de sa promotion au sein de diverses populations se sont multipliés de manière sensible. Si les premiers tests pilotes ont surtout permis d'améliorer ce nouveau contraceptif, les chercheurs ont depuis mené dans plus de 45 pays des études d'efficacité ou de distribution. Des essais ponctuels d'introduction sur le marché ont eu lieu dans plus de 25 pays et des campagnes de lancement à grande échelle sont en cours dans au moins une quinzaine.

Pour bien des groupes de défense des droits de la femme, ce préservatif est un progrès significatif, car il permet à cette dernière de mieux se protéger contre le VIH et les IST. Certains hauts responsables ont apporté un soutien majeur à cette nouvelle méthode.

Mais quelques chercheurs et responsables des politiques de santé sont plus réservés quant à une distribution à grande échelle du préservatif féminin. Ils s'interrogent notamment sur un prix peut-être trop élevé, ainsi que sur les risques éventuels liés à un réemploi (envisagé pour réduire le coût). Ils se demandent aussi si cette nouvelle méthode ne va pas remplacer plutôt que compléter le préservatif masculin, si son acceptation sera durable une fois passé l'effet de curiosité, et si son efficacité est suffisante en usage typique.

Quel doit être la place du préservatif féminin dans les programmes de santé de la reproduction ? Pour faciliter un débat fructueux parmi les chercheurs, les hauts responsables des systèmes de santé, les planificateurs des programmes et les groupes de défense des droits de la femme, Family Health International a réalisé cette série de fiches. Celles-ci offrent une synthèse des travaux de recherche connus en soulignant certains des points scientifiques ou politiques les plus importants.
La série compte actuellement les fiches suivantes :

1. Aperçu sur le préservatif féminin : état de la recherche et de l'argumentation
2. Efficacités contraceptive et anti-infectieuse (IST) du préservatif féminin
3. Peut-on réutiliser le préservatif féminin ?
4. Acceptabilité initiale et adoption durable du préservatif féminin
5. Incidence de l'emploi du préservatif féminin sur celui du préservatif masculin
6. Programme national d'introduction du préservatif féminin en Afrique du Sud
7. Leçons tirées d'un essai d'intervention communautaire en zone rurale au Kenya

Il n'existe actuellement qu'un type de préservatif féminin sur le marché. Distribué sous différents noms à travers le monde, il est en polyuréthanne, une matière plastique plus solide que le latex. C'est un tube doux et amorphe présentant un anneau flexible en plastique à chaque extrémité. Une fois inséré par la femme dans le vagin, l'anneau interne s'adapte autour du col utérin et sert d'ancrage. L'anneau externe demeure hors du vagin pour protéger les grandes lèvres de la femme et la base du pénis durant le rapport sexuel. L'intervention d'un agent de santé n'est pas nécessaire pour la pose, car ce préservatif, qui n'est disponible qu'en une seule taille, n'a pas à s'adapter parfaitement sur le col. A l'inverse des préservatifs masculins en latex qui sont fragilisés par l'emploi de lubrifiants à base d'huile, le préservatif féminin est utilisable avec de tels produits, même s'il est lubrifié d'origine.

En 1993, le secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques, la FDA (U.S. Food and Drug Administration), a approuvé l'usage unique du préservatif féminin en tant que contraceptif et, si le partenaire n'utilise pas de contraceptif masculin, en tant que moyen de prévention des IST. L'ONUSIDA a obtenu de son fabricant, Female Health Company, un prix unitaire de 0,62 dollar (USD) pour le secteur public, celui du préservatif masculin est d'environ 0,05 dollar (USD). Son prix public, non subventionné, est aujourd'hui de l'ordre de 2 à 3 dollars (USD). Mais si ce nouveau préservatif pouvait être réutilisé, son coût moyen chuterait (voir Synthèse de la recherche sur le préservatif féminin -- Fiche nº 3).

FHI a réalisé ces fiches de synthèse dans le cadre d'un effort d'information et avec le soutien de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (Office du développement durable du Bureau pour l'Afrique).

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