questions de sexualité
Contraception
La contraception d'urgence

L'utilisation de la contraception d'urgence

Les femmes ont, de tout temps, pris des mesures ou utilisé des dispositifs ou préparations lorsqu'elles voulaient prévenir une grossesse non voulue après un rapport sexuel.
Exercices physiques violents pour tenter d'évacuer le sperme des voies génitales ; potions, graines ou herbes prises oralement ou placées dans le vagin ; douche vaginale sont autant de méthodes connues pour être utilisées depuis longtemps, parfois depuis 1500 avant J.C.

Dans les années 60,

des essais d'administration post-coïtale d'ostrogènes à fortes doses ont été entrepris. La méthode associant un ostrogène et un progestatif, souvent appelée méthode Yuzpe, a été introduite dans le début des années 70 et a maintenant largement supplanté la méthode consistant à administrer des ostrogènes à fortes doses.

En 1976,

sont entreprises les poses post-coïtales de dispositifs intra-utérin (DIU). En recourant davantage à la contraception d'urgence, on pourrait, cela ne fait aucun doute, prévenir un pourcentage considérable des dizaines de millions de grossesses non voulues qui se produisent chaque année.

L'efficacité de la contraception d'urgence

Il ressort de la méta-analyse des essais menés sur l'efficacité de ta méthode Yuzpe que cette méthode permet de prévenir, en moyenne, près de trois quarts des grossesses non voulues qui se produiraient si aucun traitement n'était entrepris. En cas de pose post-coïtale d'un dispositif intra-utérin, l'efficacité est encore plus grande : de l'ordre de 99%.

Une méthode sous-utilisée

Malgré son efficacité prouvée et bien qu'elle fasse appel à des technologies qui sont disponibles depuis plus de 30 ans, la contraception d'urgence demeure un aspect peu connu des soins de santé reproductive. Dans la plupart des pays, en effet, son utilisation est réservée aux victimes de viols et aux centres de santé universitaires. Dans presque tous les pays, d'importants obstacles s'opposent à une large utilisation de la contraception d'urgence.

Les raisons de sa sous-utilisation

Le délai d'utilisation

Le fait qu'elles ne puissent être utilisées que dans les quelques jours suivant un rapport sexuel : 3 jours pour les méthodes hormonales, 5 jours pour les dispositifs intra-utérins post-coïtaux.
Cela limite leur utilité et exclut du traitement les femmes qui ne pourraient respecter ces délais. Par ailleurs, les méthodes hormonales peuvent entraîner des vomissements qui peuvent nuire à l'efficacité du traitement.

Une efficacité imparfaite

Les méthodes de contraception d'urgence sont généralement moins efficaces que les méthodes de contraception ordinaires.
Même lorsqu'on administre la méthode Yuzpe dans les 72 heures recommandées, celle-ci ne parvient pas à prévenir un quart des grossesses qui se produiraient sans ce traitement.

Les difficultés avec les Dispositifs Intra-Utérins

Bien que la pose d'un dispositif intra-utérin après un rapport sexuel non protégé soit plus efficace et puisse être entreprise plus tard que les méthodes hormonales, son utilité est limitée en raison du risque d'infection, notamment chez les victimes d'agressions sexuelles ou à la suite d'un rapport sexuel avec un nouveau partenaire. Or, ces femmes représentent une proportion non négligeable des femmes sollicitant une contraception d'urgence.

Des préjugés

La contraception d'urgence est souvent assimilée à un mini-avortement.

REFERENCES

Martin Winckler, Contraceptions mode d'emploi, ed Au diable vauvert, 2001

Les dossiers du planning
La contraception en 2000, en France

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