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Accès à la contraception dans le monde: le compte n'y est pas

Dans de nombreuses régions du monde, les filles et des femmes ont peu ou pas accès aux moyens de contraception et aux services de planification familiale. Cela touche particulièrement les populations pauvres.

25/09/2012
Accès à la contraception dans le monde: le compte n'y est pas

Le  nombre de femmes dans le monde qui ne souhaitent pas d’enfant et qui n’ont pas accès à une méthode de contraception moderne, a légèrement  baissé entre 2008 et 2012. Dans les pays en développement, 222 millions d’entre elles n’y ont pas accès et dans les pays les plus pauvres, les besoins ont même augmentés. Et la demande va croitre de 40% au cours des 15 prochaines années (la moitié de la population mondiale a moins de 25 ans).

Cette demande ne pourra être satisfaite tant que nous n’aurons pas compris pourquoi les contraceptifs et autre services de santé sexuelle ne parviennent pas à être financés, développés, fabriqués et finalement distribués dans les mains de ceux qui en ont besoin.

Dans un rapport récent, l’ONG Save the Children dénonçait un « scandale mondial » puisque 50 000 adolescentes meurent chaque année dans le monde de complications lors de la grossesse et de l’accouchement.

Les femmes jeunes et non mariées, ont plus de difficultés que les autres à avoir accès à une contraception, en raison des préjugés sur la vie sexuelle avant le mariage. 

Les attitudes négatives à l’égard de la sexualité des jeunes ont de lourdes conséquences : stigmatisation de jeunes qui utilisent des contraceptifs ou en font la demande, renforcement des restrictions locales à l’accès aux services s’appuyant sur des raisons culturelles et religieuses, réticence des prestataires à remettre des contraceptifs aux jeunes, grossesses non désirée chez les adolescentes et les jeunes, augmentation des ISTs et notamment du VIH

Il est extrêmement difficile de lutter contre les traditions culturelles dont l’inégalité entre les sexes constitue la valeur essentielle. Dans certaines sociétés, les femmes sont contraintes d’avoir plus d’enfants qu’elles ne le souhaitent et de s’en occuper.

L’opposition religieuse à la planification familiale et à la contraception représente un frein majeur à l’obtention d’un soutien politique. Le Vatican s’oppose avec force à la contraception allant même jusqu’à s’opposer à l’utilisation des préservatifs  en prévention du VIH. Il s’est servi de son influence et de ses ressources financières tant sur le plan national qu’international pour entamer les efforts de planification familiale, portant ainsi atteinte à la santé et aux droits fondamentaux des personnes. D’autres groupes religieux notamment les évangélistes intégristes et certaines sectes islamistes s’opposent à la contraception et usent de leur influence dans certains pays.

Les engagements politiques et financiers sont en perte de vitesse. Le financement réel des moyens contraceptifs par les donateurs a pratiquement stagné depuis 2001 mais compte tenu de la hausse de la demande, cela satisfait une plus faible proportion des besoins.

Les programmes de santé sexuelle et reproductive de bon nombre de pays en voie de développement opèrent pratiquement exclusivement grâce au soutien de ces donateurs. Les gouvernements nationaux ne consacrent pas les fonds adéquats à partir de leurs propres ressources financières.

Il ne suffit pas de fournir les contraceptifs, il faut également répondre aux besoins d’information et d’éducation, de structures et de système de coordination pour l’approvisionnement et la distribution et qui nécessite des ressources financières et humaines.

Si l’accès des femmes à des contraceptifs est assuré essentiellement par le secteur privé, les revenus des femmes étant souvent limités, elles évitent cette dépense et se retrouvent enceintes.

Il existe une grande injustice en matière de contraception : inégalités entre les régions du monde, entre les pays et entre groupes socio-économiques au sein d’un même pays. En moyenne les femmes riches sont 4 fois plus susceptibles d’utiliser des moyens contraceptifs que les plus pauvres.

La contraception améliore l’égalité des sexes, la santé maternelle, les taux de survie infantile. En limitant l’accès cela revient à priver les femmes d’opportunité de se sortir elles-mêmes et leurs familles de la pauvreté avec des conséquences profondes sur leurs vies et la vie de leurs enfants.

Les chiffres de l'ONU

La contraception à un carrefour (brochure de l'IPPF en anglais)