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Antilles françaises et Guyane: des recommandations sur la prévention et la prise en charge des IST

Le Conseil National du Sida et les Hépatites Virales (CNS) vient de publier un avis pour répondre aux défis spécifiques rencontrés par ces départements d'Outre-Mer et améliorer les dispositifs de santé sexuelle dans ces territoires. 

12/03/2018

Malgré des taux de découvertes de séropositivité au VIH en diminution depuis 10 ans, les Antilles françaises et la Guyane enregistrent les taux de séroprévalence les plus élevés de France. Les données épidémiologiques relatives aux autres infections sexuellement transmissibles, quoique mal connues, ne sont guère plus rassurantes: on enregistre une progression du nombre de cas de syphilis récentes et de gonococcies  ainsi qu'une fréquence des infections par le papillomavirus humain (HPV) et par Chlamydia trachomatis au-dessus de la moyenne française.

Parmi les causes de cette situation préoccupante, on dénombre la précarité économique et sociale, la fréquence de contextes de sexualité peu propices à la prévention et des difficultés d’accès au système de santé tenant à l’insuffisance de l’offre de santé.

Dans son avis adopté le 18 janvier dernier, le CNS présente une série de recommandations pour améliorer cet état de choses. 

  • Tout d’abord, les actions de prévention et de dépistage, traditionnellement peu favorisées, doivent être significativement déployées et diversifiées pour mieux répondre aux besoins. La mise en place d’une offre mobile de santé globale et intégrée, l’appui de porteurs de projets associatifs, le développement de la médiation en santé au profit des communautés sont des instruments adaptés qui pourraient être mis en œuvre rapidement.
  • Ensuite, les populations exposées au risque de transmission doivent bénéficier d’un meilleur accès à la prévention et au système de santé grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés. Les populations jeunes sont trop peu sensibilisées à l’éducation à la sexualité tandis que les ressortissants étrangers, notamment en situation irrégulière, rencontrent de nombreuses difficultés d’accès aux droits et donc aux soins.
  • Enfin, les actions de lutte contre les IST doivent être soutenues par une ambition et une vision stratégique. L’intégration des territoires au sein de leur environnement régional et de l’espace européen offrirait de nouveaux leviers de coopération. Le renforcement de la coordination des acteurs publics à l’échelle nationale et régionale apparaît pertinent, au même titre que le développement des connaissances épidémiologiques et sociales, afin de renforcer l’efficacité de l’action publique.
Le Planning a largement contribué à ces recommandations, en co-présidant la commission chargée de piloter la rédaction de l'avis.