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Le laboratoire Pfizer a décidé de façon unilatérale de cesser d’approvisionner le marché français avec la forme commerciale CYtotec du misoprostol à partir du 1er Mars.

A partir du 1er mars, quel va être le coût pour les femmes s’adressant à la médecine de ville ?  va-t-il augmenter proportionnellement au prix des médicaments achetés par les praticien.nes ?

08/03/2018

L’ANSM a élaboré, en lien avec les représentant.es des professionnel.les de santé concernés, les mesures permettant d’assurer la continuité des soins : des recommandations temporaires d’utilisation (RTU) ont été faites pour les autres formes commerciales de cette molécule qui n’ont pas encore l’AMM pour ces indications :
- pour l’IVGm, Gymiso et Misoone seront pris en charge dans le coût forfaitaire de l’IVG remboursé à 100%. Pour les hôpitaux et les praticien.nes qui utilisaient le CYtotec, celà représente un coût supplémentaire certain.
- dans le suivi des fausses couches spontanées, outre le surcoût qu’entraine cette décision, il faut s’alerter sur les conséquences pour l’accompagnement des femmes. Les praticien.nes qui n’exercent pas en structures hospitalières devront acheter eux.elles-mêmes le misoprostol (13,88e x 1 à 3 comprimés Misoone).
Jusqu’à présent, le suivi des fausses couches spontanées se déroulait sur 2 consultations (25 à 28e selon la discipline) avec une prescription de CYtotec disponible en pharmacie et valant moins d’un euro le comprimé.
A partir du 1er mars, quel va être le coût pour les femmes s’adressant à la médecine de ville ?  va-t-il augmenter proportionnellement au prix des médicaments achetés par les praticien.nes ?
Outre que cela augmente les inégalités d’accès, un des risques est que les femmes soient orientées à l’hôpital, avec une perte de cette offre de soins en médecine de ville, un encombrement des services d’urgence hospitalière.
Une prostaglandine efficace comme le misoprostol doit tomber dans le domaine public avec une fixation de son prix lié non à la rentabilité de l’industrie pharmaceutique mais à son intérêt pour la santé publique.