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PMA: un avis en demi-teinte

Le comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu  son avis sur la procréation médicale assistée  le 27 juin dernier.

01/07/2017

Si les conclusions vont dans le bon sens, recommandant l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et femmes célibataires, plusieurs éléments de cet avis suscitent les inquiétudes du Planning Familial.

 Tout d’abord, il faut souligner que cet avis intervient 4 ans et demi après la saisie du comité. Un retard qui a bloqué les avancées législatives et qui est d’autant plus inacceptable que l’accès à la PMA  n’est pas une question  d’éthique mais bien une question d’égalité des droits

De plus, le processus qui a mené à cet avis est profondément contestable. Aucune association lesbienne n’a été auditionnée alors que les femmes homosexuelles sont les premières concernées par l’accès à la PMA. Le comité des Sages, par contre, n’a pas hésité à donner la parole à Colette CHILAND, Jean Pierre WINTER ou encore Pierre-Levy Soussan, personnalités honnies par les associations LGBT pour leurs propos pathologisants envers les gays, les lesbiennes et les trans. Cela a donné au rapport une tonalité moralisatrice qui reprend les poncifs homophobes bien connus par les  LGBT,  à savoir  le supposé problème de « l’absence du père » ou du manque d’  « altérité » pour les enfants, ainsi que la prétendue incapacité pour les femmes seules d’offrir un cadre protecteur à leur progéniture.

Par ailleurs, comme, dans cet avis, la discussion sur la PMA demeure disjointe de la question de la filiation,  cela ne peut que produire des incohérences cocasses. En effet, on en arrive au paradoxe que si l’avis du CCNE est suivi par le Parlement, deux femmes non mariées pourront avoir accès à la PMA mais la mère sociale ne pourra reconnaître son enfant qu’après mariage et adoption.

Enfin, le Planning familial relève également que la prise en charge financière de la PMA fait l’objet d’une recommandation aussi fumeuse que discriminatoire – le CCNE réaffirme  en effet le droit à la prise en charge pour les couple hétérosexuels alors que les couples lesbiens et les femmes célibataires devraient contribuer au coût des procédures médicales. 

Convaincu que le droit à la PMA pour toutes les femmes, sans distinction de statut et d’accès, s’inscrit dans un continuum de droits sexuels fondamentaux, le Planning se mobilise pour que le législateur procède rapidement à l’adoption d’une loi rétablissant l’égalité des droits.