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VIH : Toutes les trois minutes, une adolescente est infectée

Environ trente adolescent.e.s de 15 à 19 ans par heure ont contracté le VIH en 2017, d’après un nouveau rapport de l'UNICEF. Deux tiers d’entre ces personnes étaient des filles.

26/07/2018
 VIH : Toutes les trois minutes, une adolescente est infectée

« C’est une crise de santé ainsi qu’une crise en matière de capacité d’action », déclare la Directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore. « Dans la plupart des pays, les femmes et les filles n’ont pas accès à l’information et aux services nécessaires ou n’ont même pas la possibilité de refuser des relations sexuelles non protégées. Le VIH se propage rapidement parmi les personnes les plus vulnérables et les plus marginalisées, ce qui place les adolescentes au cœur de la crise. »

Le rapport intitulé Women: At the heart of the HIV response for children (Les femmes : au cœur de la lutte contre le VIH pour les enfants) présente des statistiques inquiétantes sur l’épidémie mondiale de sida et ses incidences sur les plus vulnérables. L’an dernier, 130 000 enfants et adolescents âgés de 19 ans ou moins sont morts du sida, alors que 430 000 – près de 50 par heure – ont contracté le VIH.

Présenté à la Conférence internationale sur le sida qui se tient cette semaine à Amsterdam, le rapport indique que les adolescents continuent d’être touchés de plein fouet par l’épidémie et que l’incapacité à les atteindre ralentit les progrès réalisés à l’échelle mondiale au cours des vingt dernières années dans la lutte contre l’épidémie. Il est signalé dans le rapport que :

  • Les adolescent.e.s âgés de 10 à 19 ans représentent près des deux tiers des 3 millions de personnes de moins de 19 ans vivant avec le VIH.
  • Bien que le nombre de décès ait reculé dans tous les autres groupes d’âge depuis 2010, y compris chez les adultes, la mortalité parmi les adolescent.e.s les plus âgés (de 15 à 19 ans) n’a pas diminué.
  • Quelque 1,2 million de personnes âgées de 15 à 19 ans vivaient avec le VIH en 2017 – 3 sur 5 étaient des filles. La propagation de l’épidémie parmi les adolescentes s’explique par des relations sexuelles précoces, notamment avec des hommes plus âgés, des relations sexuelles non consenties, le manque de pouvoir de négociation en matière de sexualités, la pauvreté et le manque d’accès à des services de conseil et de dépistage confidentiels.

« Nous devons faire en sorte que les filles et les femmes aient suffisamment de sécurité financière pour ne pas devoir se livrer au commerce du sexe. Nous devons veiller à ce qu’elles soient bien informées des modes de transmission et de la façon de se protéger », explique Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, dans un essai publié dans le rapport. « Et, bien sûr, nous devons veiller à ce qu’elles aient accès à tous les services et les médicaments dont elles ont besoin pour rester en bonne santé. Avant tout, nous devons favoriser l’autonomisation des filles et des femmes – et l’éducation est encore une fois souvent le meilleur moyen d’y parvenir. »

« Les femmes sont les plus touchées par cette épidémie – à la fois par le nombre d’infections et dans leur rôle de principales soignantes des malades – et elles devraient demeurer au premier plan de la lutte contre cette maladie », conclut H. Fore. « Le combat est loin d’être terminé. »

Pour en savoir plus, téléchargez le rapport complet en cliquant ici.