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Le Planning Familial est un réseau associatif national mobilisé depuis plus de 60 ans pour l’accès de tou·te·s aux droits à la santé sexuels et reproductifs, en France et à l’international. Les 70 associations départementales (AD) qui le composent permettent au quotidien l’accès à différents services : écoute, accompagnement, consultations médicales. Association féministe et d’éducation populaire, le Planning Familial veille à l’inclusivité de tous les publics et à informer les personnes rencontrées afin qu’elles effectuent leurs choix librement. Alors même que l’accès aux droits à la santé sexuels et reproductifs est soumis à de multiples freins en période habituelle, la crise sanitaire du COVID 19 a ajouté de nombreuses difficultés pour les personnes. Néanmoins, durant l’année 2020, le Planning Familial s’est mis en mouvement pour assurer la continuité de l’activité, en faisant évoluer ses modes d’action en direction des publics et en saisissant les opportunités qui se sont présentées durant cette année particulière pour porter le plaidoyer sur les droits à la santé sexuels et reproductifs. Ainsi, grâce aux paroles recueillies lors des appels téléphoniques reçus au numéro vert national 08 00 08 11 11 (NVN), la confédération a rapidement été en alerte sur la question de la permanence d’accès aux droits à la santé sexuels et reproductifs, déjà difficile en période ordinaire.

De nombreux dysfonctionnements ou des faits de non-respect de la loi dans la prise en charge des personnes souhaitant réaliser une IVG ou se faire délivrer ou poser une contraception, ou encore des accueils IVG jugeants, une désinformation par un·e professionnel·le ou une personne anti-IVG ont davantage mis à mal l’accès aux droits. Par rapport à 2019 sur la même période, les appels signalant ces faits ont augmenté de 322% pendant le confinement du printemps. En l’absence de campagne gouvernementale dédiée, le Planning Familial a créé sa propre campagne de communication. Lancée début avril 2020, diffusée sur les réseaux sociaux et intitulée « Confiné·e·s nous avons toujours des droits », cette campagne visait à informer les personnes sur leurs droits d’accès à la contraception et l’avortement, y compris pour les mineur·es ou les femmes en situation de délais dépassés devant se rendre à l’étranger pour avorter. Cette campagne confédérale a bénéficié d’une large diffusion. Un épisode spécial du podcast « Au coeur du Planning » dédié à l’accès à la contraception et l’avortement en période de confinement a été réalisé par Isabelle Duriez début mai 2020. Il visait à rappeler aux personnes que leurs droits étaient maintenus, même si leur accès était rendu difficile, et que leurs besoins en matière de santé sexuelle et reproductive étaient légitimes. Bénéficiant d’un accès aux médias plus important, pendant la crise sanitaire, le Planning a interpellé les parlementaires, les ministères de la santé, des outres mers et de l’intérieur, ainsi que le secrétariat d’État aux droits des femmes, afin de les saisir pour garantir aux femmes un accès à l’avortement partout en France et à l’étranger une fois les délais dépassés (dérogation pour passer les frontières).

En effet, 141 fiches de demande d’information pour une interruption de grossesse au-delà de 12 semaines ont été enregistrées pendant le premier confinement, soit un peu plus du double que pour la même période en 2019. Le Planning a également signé plusieurs tribunes et diffusé une pétition pour demander l’allongement des délais d’accès à l’avortement du nombre de semaines équivalent à la durée du confinement. Il s’agissait que l’avortement soit reconnu comme un soin urgent, de manière effective, sur l’ensemble des territoires, en maintenant les services d’IVG et en permettant un accès à l’interruption médicale de grossesse (IMG) sans restriction pendant cette période. Cette mobilisation a permis d’obtenir des avancées importantes en matière notamment d’accès à l’avortement durant le plan d’urgence sanitaire et la diversification des choix des méthodes : l’accès à l’IVG médicamenteuse en ville par téléconsultation avec délivrance des médicaments à la pharmacie sur ordonnance, l’accès à l’IVG médicamenteuse en ville jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée pendant toute la durée de l’état d’urgence et le développement de la démédicalisation (envoi d’ordonnances de Beta-HCG par mail aux femmes après leur avortement). Malheureusement, le plaidoyer - pourtant mené avec l’appui de professionnel·le·s de santé et de collectifs féministes comme « Avortement Europe » - en faveur de la simplification du parcours (mise en place d’une seule consultation au lieu des deux obligatoires avant toute IVG, suppression du délai de réflexion de 48h pour les personnes mineures) et de l’allongement des délais jusqu’à 14 semaines de grossesse, n’a pas abouti. Les mesures mises en place pendant la première période d’état d’urgence n’ont pas été reconduites. Il a fallu attendre la seconde période pour qu’elles soient remises en place jusqu’à la fin de l’état d’urgence. Si ce plaidoyer en faveur de l’allongement des délais d’accès à l’avortement n’a pas abouti, il semble que le travail de lobby réalisé lors de cette période - auprès des parlementaires notamment - ait porté ses fruits. En effet, une proposition de loi visant à l’amélioration de l’accès à l’avortement est portée depuis octobre 2020. Pour faciliter le parcours des femmes en demande d’IVG, il semble également indispensable que les mesures offrant aux femmes plus de choix en toute sécurité, deviennent pérennes, en dehors de l’état d’urgence sanitaire.

Le plaidoyer du Planning a également porté sur les violences intrafamiliales - envers les femmes, les enfants et les personnes LGBTQI+ - durant la période de confinement : des courriers et documents ressources édités par la Haute Autorité de la Santé ont été envoyés au Ministre de l’Education nationale, aux syndicats enseignants, et aux associations de parents d’élèves pour diffusion dans leurs réseaux. Le Planning a également créé un support de communication spécifique sous forme d’une affichette à destination des « familles, amis et voisins » de personnes victimes de violences, afin de les responsabiliser et de leur donner des éléments pour savoir réagir, apprendre aux enfants à composer le 119-Allô Enfance en Danger ou à envoyer un SMS au 114. La voix du Planning Familial a ainsi contribué à renforcer l’accès aux droits et aux soins en santé sexuelle et à amplifier la lutte contre les violences intrafamiliales, en cette période de crise sanitaire, économique et sociale sans précédent.

 

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