« Mon souvenir sur l’éducation à la sexualité ? Celui d’un préservatif, de quelques infos sur le VIH…. Rien de plus, et rien sur le consentement ni le plaisir… » Andréa, 24 ans

Saviez-vous que depuis 2001, la loi française a rendu obligatoire l’information et l’éducation à la sexualité de l’école au lycée, à raison de 3 séances par an et par niveau ?

Pourtant, en 2016, 25% des établissements scolaires qui répondaient à l’enquête du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, déclaraient ne mettre en place aucune action en matière d’éducation en sexualité. En 2018, une nouvelle circulaire ré-affirme l’importance de l’éducation à la sexualité… mais sans aucune mesure pour son application. Cette situation doit changer !


Pour cela, il est nécessaire…

  • De redonner confiance en luttant contre la désinformation qui entoure l’éducation à la sexualité.

Loin de l’image véhiculée par des groupes anti-choix qui envahit régulièrement les réseaux sociaux, l’éducation à la sexualité est un prérequis essentiel à l’émancipation des jeunes. C’est un maillon incontournable pour les aider à se connaître, se construire et faire leurs propres choix, dans le respect d’autrui. C’est également un formidable outil de prévention et de lutte contre les violences et les discriminations liées au genre, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. Les séances d’éducation à la sexualité, adaptées à l’âge des élèves et à leur développement, les informent de leurs droits, les sensibilisent au consentement, et facilitent leur accès aux moyens de prévention contre les grossesses non-désirées et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles).

  • De donner des moyens pour une véritable application de la loi.

Les Jeunes Militant.e.s du Planning familial demandent que les recommandations du HCE soient suivies. Elles visent à mieux organiser, financer et évaluer l’action de l’Education Nationale en matière d’éducation à la sexualité. Un engagement fort du gouvernement et du Ministère de l’Education Nationale est la condition pour que les établissements aient réellement les moyens et la conviction nécessaires pour mettre en place les 3 séances annuelles.

  • D’oeuvrer pour une éducation à la sexualité de qualité et des enseignant.e.s formé.e.s

Pour que l’éducation à la sexualité ne se réduise pas à une approche biologique ou à des avertissements contre les dangers en matière de santé sexuelle, les professionnel.le.s qui interviennent sur ces questions et qui accompagnent les jeunes dans leur quotidien doivent être formé.e.s. Cela passe bien sûr par le soutien des associations spécialisées mais surtout par la formation des enseignant.e.s. Pour cela, il est nécessaire d’intégrer un module obligatoire dans leur formation initiale, pour développer une écoute bienveillante et non-jugeante et maîtriser les enjeux de la vie affective et sexuelle dans une approche positive et globale. En septembre prochain, un décret va uniformiser la formation des étudiant.e.s qui effectueront un service sanitaire autour des questions d'éducation à la sexualité. En toute cohérence, il faut aller plus loin et prendre des mesures pour les futurs personnels de l’éducation, notamment dans la perspective de la réforme des ESPE (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation) !

 

Pour que les futures Andréa, mais aussi Loïc, Charline, Zineb et plein d’autres puissent être libres de leurs choix, nous avons besoin de vous !

Jeunes, qui voulez pouvoir faire des choix libres et éclairés grâce aux 3 séances annuelles d’éducation à la sexualité qui vous sont dues,

Parents, qui voulez que vos enfants aient les ressources pour faire respecter leur consentement et puissent vivre une vie affective et sexuelle sans risques,

Enseignant.e.s, qui voulez être outillé.e.s et soutenu.e.s pour mieux accompagner vos élèves vers une société plus respectueuse et égalitaire,

Et vous, qui auriez aimé avoir accès à des séances d’éducation à la sexualité et qui souhaitez simplement le mieux pour les jeunes d’aujourd’hui et de demain,


Signez notre pétition pour soutenir nos revendications que nous transmettrons à M. Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education Nationale et de la Jeunesse.

 

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Nos sources :

  • 3 séances d'éducation à la sexualité par niveau : Loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception.
  • 25% d'établissements scolaires ne mettent en place aucune action : HCE, Rapport relatif à l'éducation à la sexualité : répondre aux attentes des jeunes, construire une société d'égalité femmes-hommes, juin 2016.

    Les mêmes conclusions apparaissent dans : Le Défenseur des droits, Rapport annuel consacré aux droits de l’enfant, novembre 2017.

  • Circulaire n°2018-111 du 12 septembre 2018 relative à l'éducation à la sexualité.

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